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Conflit éleveurs-agriculteurs : combien de morts faudra-t-il encore avant l’action ?

Les chiffres sont accablants et rappellent l’ampleur d’un drame devenu presque banal : entre 2022 et 2024, dans seulement quatre provinces du pays, les affrontements liés au conflit éleveurs-agriculteurs ont fait 98 morts et plus de 100 blessés, selon Amnesty International. Pourtant, malgré la gravité de ces violences, l’État tchadien s’est contenté, une fois encore, d’intervenir après coup, laissant les populations gérer seules des tensions dont les conséquences se mesurent en vies perdues et en villages endeuillés. 

Deux morts et six blessés de trop 

La récente à Mougagne, un village situé à une quinzaine de kilomètres de Pala dans le canton Pala Erdé, faisant deux morts, six blessés et d’importants dégâts matériels, dont le saccage d’une mosquée, et l’incendie de plusieurs cases. Dans un pays où l’élevage et l’agriculture constituent deux piliers essentiels de l’économie, le conflit éleveurs-agriculteurs n’est pas qu’une guerre de territoires : c’est une crise structurelle, enracinée dans l’absence de politiques publiques cohérentes, le manque d’infrastructures pastorales, l’extension incontrôlée des champs, et la défaillance quasi permanente des mécanismes locaux de médiation. Pourtant, d’année en année, les mêmes causes produisent les mêmes drames.

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Prévention et médiation : un impératif national

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir combien de morts il faudra pour alerter les autorités : les chiffres ont déjà parlé. Il s’agit plutôt de comprendre quand l’État assumera son rôle, non pas celui de pompier tardif, mais d’arbitre préventif. Tant que le conflit éleveurs-agriculteurs sera géré dans l’urgence, le pays continuera de sacrifier la paix rurale, l’économie locale et sa souveraineté alimentaire.

L’urgence d’une action proactive

Le moment est venu d’agir avant qu’une nouvelle statistique, tragiquement prévisible, ne vienne rappeler que ce conflit n’a jamais vraiment cessé.

HIGDE NDOUBA Martin 

 

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