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Tchad : un élève armé tire sur son surveillant, où sont les parents ?

Un établissement scolaire privé de Farcha, à N’Djaména, a été le théâtre d’une scène d’une extrême gravité. Un élève a ouvert le feu sur son surveillant, Ndingwé Djondandi Sounda, le blessant avec deux projectiles. Au-delà de cet acte violent, l’incident soulève une question fondamentale : comment une arme à feu peut-elle se retrouver entre les mains d’un élève dans un établissement scolaire ? Entre responsabilité parentale, sécurité scolaire et banalisation des armes, l’affaire interpelle toute la société.

Deux projectiles contre un homme chargé d’encadrer

Ce qui pourrait ressembler à un scénario de fiction est malheureusement une réalité survenue hier dans un établissement privé du quartier Farcha. Ndingwé Djondandi Sounda, surveillant de l’établissement, a été blessé par balle par l’un de ses élèves. Selon les informations communiquées, deux projectiles l’ont atteint : l’un à la clavicule, l’autre à l’omoplate gauche.

Derrière cette agression se trouve un homme dont le parcours mérite également d’être rappelé. Énarque de formation, spécialisé en administration des affaires sociales, Ndingwé Djondandi Sounda avait choisi de s’investir dans l’enseignement, faute d’avoir trouvé des opportunités correspondant à sa formation initiale.

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Celui qui avait fait le choix de transmettre et d’encadrer se retrouve aujourd’hui victime d’une violence qui dépasse largement le cadre d’un simple incident disciplinaire.

Une arme à feu dans une école : comment est-ce possible ?

La question est aussi simple qu’inquiétante : comment un élève peut-il franchir le portail d’un établissement scolaire avec une arme à feu ? L’école est censée être un espace d’apprentissage, de protection et de socialisation. Elle ne devrait, en aucun cas, devenir un lieu où les différends se règlent à coups de balles.

Un élève qui se présente en classe avec une arme ne constitue pas seulement une menace pour son surveillant. Il représente un danger pour ses camarades, les enseignants et l’ensemble du personnel éducatif. Une dispute, une sanction ou un désaccord ne saurait jamais justifier le recours à une arme.

Mais au-delà de l’acte lui-même, la responsabilité des parents mérite d’être interrogée. Comment expliquer qu’un enfant puisse avoir accès à une arme à feu ? Qui contrôle les conditions dans lesquelles ces armes sont conservées au domicile familial ? Et quelle éducation à la responsabilité est transmise aux jeunes ?

La responsabilité parentale ne doit pas être un sujet tabou

Être parent, ce n’est pas seulement assurer les besoins matériels de son enfant, payer sa scolarité ou lui offrir un certain confort. C’est aussi lui inculquer le respect de l’autorité, la maîtrise de soi et le sens des conséquences de ses actes.

Même si l’enfant appartient à une famille influente, même si son père est un général ou occupe une haute fonction, aucun statut social ne peut justifier le port d’une arme à l’école. La loi et les règles de sécurité doivent s’appliquer à tous, sans distinction de rang, de fortune ou de proximité avec le pouvoir.

L’affaire de Farcha doit donc dépasser le simple fait divers. Elle appelle une enquête sérieuse, des responsabilités clairement établies et des mesures adaptées pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

L’école tchadienne face à une inquiétante dérive

Quand ceux qui sont chargés de surveiller et d’encadrer les élèves deviennent des cibles, c’est toute l’institution scolaire qui vacille. La sécurité dans les établissements ne peut plus être considérée comme une question secondaire.

Les responsables d’établissements, les autorités éducatives et les familles doivent prendre la mesure de cette situation. Il est urgent de réfléchir aux mécanismes de prévention, au contrôle des accès et à la sensibilisation des jeunes aux dangers des armes.

Un établissement scolaire n’est ni un champ de bataille ni un territoire où l’on impose son autorité par la violence. Un élève vient à l’école pour apprendre, pas pour tirer sur celui qui est chargé de veiller à sa discipline.

La question demeure : faudra-t-il attendre un drame encore plus grave pour comprendre que la sécurité des écoles est une responsabilité collective ?

Martin HIGDE NDOUBA

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