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Tanzanie : une nouvelle découverte de gaz pour soutenir l’industrialisation et la sécurité énergétique

La Tanzanie a annoncé, mardi 27 octobre, la découverte de 223 milliards de pieds cubes de gaz naturel dans la baie de Mnazi, dans le sud du pays. Première découverte de cette ampleur annoncée depuis plus de dix ans, elle pourrait renforcer l’approvisionnement énergétique national et soutenir l’industrialisation. Mais les retombées dépendront de la capacité du pays à exploiter durablement cette ressource et à en faire bénéficier son économie.

La Tanzanie renoue avec l’exploration gazière. Le nouveau gisement a été identifié dans le puits Kasa-1X ST2, dans la région de Mtwara, grâce aux travaux menés par la compagnie publique Tanzania Petroleum Development Corporation (TPDC) et le groupe français Maurel & Prom. Le volume annoncé représente environ 6,3 milliards de mètres cubes. La production pourrait commencer dès novembre, selon l’entreprise. 

Cette découverte intervient alors que le pays cherche à répondre à une demande énergétique alimentée par la croissance démographique, l’urbanisation et le développement industriel. Elle pourrait contribuer à renforcer les capacités de production locales et à limiter les difficultés d’approvisionnement qui pénalisent les entreprises.

Un levier pour l’électricité et l’industrie

Le premier enjeu est énergétique. Le gaz naturel occupe déjà une place importante dans le système électrique tanzanien et alimente également certaines activités industrielles. Selon les statistiques officielles pour 2024, il représentait environ 46,4 % de la production d’électricité, contre 50,5 % pour l’hydroélectricité. Cette répartition souligne son importance, sans en faire pour autant l’unique pilier de l’approvisionnement national.

Une hausse de la production pourrait aider à répondre aux besoins des centrales électriques et des industries, notamment dans un contexte où les autorités cherchent à attirer davantage d’investissements. Une énergie disponible et à un coût maîtrisé constitue en effet un avantage pour les secteurs manufacturiers, les activités minières et la transformation des matières premières.

La nouvelle découverte pourrait aussi encourager le développement d’autres usages du gaz, notamment comme carburant pour les véhicules ou comme matière première pour certaines industries. Le gouvernement a indiqué être en discussion avec quatre investisseurs intéressés par des projets de gaz naturel liquéfié à petite échelle. Ces initiatives pourraient élargir les débouchés, à condition que leur financement et leur viabilité soient confirmés. 

Des ressources importantes, mais des retombées à concrétiser

La découverte s’ajoute aux ressources gazières déjà identifiées dans le pays, estimées à environ 57 500 milliards de pieds cubes. Il convient toutefois de distinguer ce volume global des réserves effectivement récupérables et commercialisables. Le chiffre annoncé pour Kasa-1X ST2 devra lui aussi être précisé au fil des évaluations techniques et du développement du puits.

L’existence de ressources abondantes ne garantit pas automatiquement une amélioration des conditions de vie. Les retombées dépendront des investissements réalisés, des recettes générées, de la transparence des contrats et de la capacité à développer des emplois et des compétences locales. La participation de la TPDC aux opérations constitue un levier pour renforcer le rôle de l’État dans la gestion de cette richesse.

Le développement gazier soulève également des questions environnementales. Si le gaz peut contribuer à remplacer certains combustibles plus polluants, il demeure une énergie fossile dont l’exploitation et la consommation génèrent des émissions. La Tanzanie devra donc concilier sécurité énergétique, développement industriel et objectifs de transition énergétique.

Enfin, cette découverte ne doit pas faire oublier la nécessité de diversifier les sources d’électricité. L’hydroélectricité, le solaire et l’éolien peuvent contribuer à limiter la dépendance à une seule ressource et à renforcer la résilience du système face aux variations de la demande et aux risques climatiques.

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