N’Djaména : 2ᵉ édition du Salon national de l’élevage officiellement lancée
La deuxième édition du Salon national de l’élevage du Tchad (SNET) a officiellement ouvert ses portes ce jeudi 5 novembre 2026 à N’Djaména. Présidée par le Premier ministre, Allah-Maye Halina, représentant le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, cette rencontre de six jours ambitionne de promouvoir le cheptel national et de faire de l’élevage un véritable moteur de croissance économique. Mais derrière l’impressionnante richesse animale du pays, le défi de la transformation locale reste entier.
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Patrimoine animalier aux dimensions considérables
Le Tchad entend faire de son potentiel pastoral un instrument de développement. Placée sous le thème « Promouvoir le cheptel tchadien, c’est bâtir l’élevage de demain », la deuxième édition du Salon national de l’élevage réunit les principaux acteurs d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Premier ministre, Allah-Maye Halina, représentant le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Plusieurs personnalités institutionnelles ont pris part à l’événement, notamment le ministre de l’Élevage et de la Production animale, le professeur Abderahim Awat Atteïb.
Les chiffres présentés par le département de l’Élevage donnent la mesure de cette richesse. Selon les estimations de 2025, le Tchad dispose de 166 643 446 têtes de bétail, toutes espèces confondues, auxquelles s’ajoutent 37 513 798 volailles. Le cheptel camelin, à lui seul, représente 11 391 044 têtes, plaçant le pays au premier rang mondial pour cette catégorie.
À cette diversité animale s’ajoutent plus de 84 millions d’hectares de pâturages naturels. Un patrimoine considérable qui constitue un avantage pour les activités pastorales et agro-pastorales, présentes dans les différentes régions du pays.
L’élevage, un pilier économique encore à valoriser
Au-delà de sa dimension traditionnelle, l’élevage occupe une place importante dans la vie économique et sociale du Tchad. Il contribue à la sécurité alimentaire, procure des revenus à des milliers de ménages et alimente plusieurs chaînes de valeur, notamment celles de la viande, du lait, des œufs, des cuirs et des peaux.
Selon les données communiquées par la FAO en juillet 2024, le secteur représente environ 20 % du produit intérieur brut et 40 % des exportations. Il concerne également près de 40 % de la population active. Ces indicateurs illustrent le poids de l’élevage dans l’économie nationale.
Pourtant, l’abondance du cheptel ne garantit pas automatiquement la création de richesses à la hauteur des ressources disponibles. La transformation locale demeure un enjeu majeur. Le pays doit notamment renforcer ses infrastructures de conservation, ses unités de transformation, ses circuits de commercialisation et ses services vétérinaires.
De l’exposition aux investissements, le véritable défi
Durant six jours, plusieurs activités sont prévues, notamment des expositions, des conférences et des rencontres consacrées aux perspectives de développement du secteur. Les participants auront l’occasion de présenter les espèces animales, les produits dérivés et les savoir-faire nationaux.
Mais l’enjeu dépasse la simple présentation des ressources. Il s’agit de favoriser les partenariats, d’attirer les investisseurs et de renforcer les capacités des professionnels de l’élevage.
La question de la transformation des produits sur le territoire national reste particulièrement importante. Tant que la viande, le lait et les autres produits issus du cheptel ne bénéficieront pas d’une chaîne de valeur suffisamment développée, une partie importante des retombées économiques continuera d’échapper aux producteurs locaux.
Avec ce deuxième salon de l’élevage , les autorités affichent leur ambition de moderniser l’élevage tchadien. Reste à traduire cette ambition en investissements, en infrastructures et en débouchés concrets pour les éleveurs.
Martin HIGDE NDOUBA


