SEMICA, ou le pari du Tchad pour la transformation locale
Avec le lancement de Semaine international des mines, des carrières et des hydrocarbures (SEMICA), le Tchad tente d’inscrire l’exploitation de ses ressources naturelles dans une nouvelle trajectoire. Ce premier salon de haut niveau se veut un espace de réflexion stratégique et de concertation, où décideurs publics, experts et partenaires internationaux sont appelés à penser autrement la valorisation du sous-sol tchadien, longtemps exploité sans véritable transformation locale.
Un message clair aux investisseurs
Au cœur des échanges, la déclaration de la ministre a donné le ton. « Le Tchad est ouvert aux investissements, aux innovations et aux partenariats internationaux. Mais il est désormais plus exigeant, plus structuré et plus souverain », a-t-elle affirmé lors de SEMICA. Une manière de dire que l’ouverture économique ne se fera plus au détriment du contrôle de l’État ni des intérêts nationaux.

De la consommation à la transformation locale
Pays encore fortement consommateur de produits étrangers, le Tchad ne peut plus se contenter d’exploiter ses richesses sans en tirer une réelle valeur ajoutée. À ce titre, SEMICA ouvre le débat sur la nécessité de créer des industries locales capables de transformer les ressources minières et énergétiques sur place, afin de stimuler l’économie et réduire la dépendance aux importations.
La vision portée par les autorités suppose un accompagnement concret : infrastructures adaptées, transfert de compétences et politiques incitatives. En mettant en avant ces enjeux, SEMICA se positionne comme un levier essentiel pour faire émerger une économie plus résiliente, fondée sur la transformation locale et la création d’emplois.
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Un test de crédibilité pour l’État
Au-delà des discours, le défi reste celui de la mise en œuvre. La réussite de cette ambition dépendra de la capacité de l’État à imposer des normes claires, à rassurer les investisseurs et à garantir que les retombées profitent réellement aux populations. En ce sens, SEMICA apparaît comme le point de départ d’un nouveau contrat entre le Tchad, ses ressources et ses partenaires.
SEMICA symbolise l’espoir d’un changement de paradigme : passer d’un pays riche en sous-sols mais pauvre en industries à une nation capable de transformer ses ressources en moteur de développement durable et souverain.
Martin HIGDE NDOUBA