Piratage numérique : HAMA engage le combat
Face à la montée du piratage audiovisuel et à la prolifération des applications permettant l’accès illégal aux contenus protégés, la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) entend renforcer la sensibilisation et la coopération avec les acteurs du secteur. Une rencontre avec une délégation de Canal+ Tchad a permis d’aborder les défis liés à la protection des droits d’auteur et à la régulation du paysage numérique.
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Phénomène qui menace la création
Le développement des technologies numériques a profondément transformé les habitudes de consommation des contenus audiovisuels. Films, séries, compétitions sportives et programmes télévisés sont désormais accessibles en quelques clics. Cependant, cette révolution numérique s’accompagne d’un phénomène inquiétant : le piratage.
C’est dans ce contexte que la HAMA a reçu, le 18 juin 2026, une délégation de Canal+ Tchad conduite par son Directeur général, Patou Nkenda Kinguidi. À ses côtés figuraient Maître Édouard Bloch, représentant des ayants droit audiovisuels, et Antoine Salvage, responsable de la lutte contre le piratage au sein de Canal+ International.
Au cœur des discussions figurait la diffusion non autorisée des contenus audiovisuels ainsi que l’utilisation croissante des applications IPTV donnant accès illégalement à des programmes protégés. Ces pratiques portent atteinte aux droits des créateurs, des diffuseurs et de l’ensemble de la chaîne de production culturelle.
HAMA privilégie la sensibilisation
Si la répression demeure un outil important dans la lutte contre les infractions liées aux droits d’auteur, la HAMA estime que la prévention et l’éducation doivent occuper une place centrale.
Pour la présidente de la HAMA, Halimé Assadya Ali, il est indispensable d’aider les citoyens à comprendre les conséquences économiques, juridiques et culturelles du piratage. Derrière chaque œuvre diffusée illégalement se trouvent des professionnels qui investissent du temps, des compétences et des ressources financières considérables.
La responsable du régulateur a ainsi insisté sur la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation destinées aux utilisateurs des plateformes numériques, aux professionnels des médias et au grand public. Selon elle, seule une meilleure compréhension des enjeux permettra de réduire durablement ces pratiques.
Coopération pour protéger les contenus
Au cours de la rencontre, la délégation de Canal+ a présenté les mécanismes mis en place dans plusieurs pays africains afin de combattre efficacement le piratage audiovisuel. Ces expériences reposent notamment sur l’application des législations nationales et internationales relatives à la protection des œuvres et des droits voisins.
La HAMA voit dans ces initiatives des exemples inspirants pour renforcer le dispositif national de protection des contenus audiovisuels. De son côté, Canal+ a réaffirmé sa volonté d’accompagner le régulateur en partageant son expertise et son expérience.
À l’heure où les contenus circulent sans frontières, la HAMA apparaît plus que jamais comme un acteur clé dans la défense de la création audiovisuelle. La réussite de ce combat dépendra autant de la vigilance des autorités que de la responsabilité des utilisateurs, appelés à privilégier les voies légales d’accès à l’information et au divertissement.
Martin HIGDE NDOUBA

