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Mbikou en cendres : le feu emporte le pain des familles

L’incendie qui a ravagé le marché hebdomadaire de Mbikou ce mercredi ne détruit pas seulement des hangars en fagots et des marchandises. Il met en lumière la fragilité des infrastructures rurales et l’absence de politiques de prévention capables de protéger l’économie locale.

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Marché qui faisait vivre toute une communauté

Le marché hebdomadaire de Mbikou est bien plus qu’un simple espace de commerce. Chaque semaine, agriculteurs, éleveurs, commerçants et artisans s’y retrouvent pour échanger leurs produits et faire circuler les revenus indispensables à la survie de nombreuses familles. Dans cette partie du pays, où les opportunités économiques sont limitées, ce marché représente un véritable moteur de développement local.

Pourtant, ce mercredi, les flammes ont réduit en cendres ce lieu de vie. L’origine de l’incendie demeure inconnue, mais les conséquences, elles, sont déjà bien réelles : des récoltes perdues, des économies parties en fumée et des dizaines de petits commerçants plongés dans l’incertitude.

Catastrophe qui n’aurait pas dû se répéter

Le plus inquiétant est que ce drame n’est pas une première. En moins de deux ans après sa délocalisation, le marché de Mbikou est frappé une deuxième fois par un incendie dévastateur. Cette répétition interroge sur les conditions de sécurité mises en place et sur le manque d’investissement dans des infrastructures adaptées.

Certes, les hangars construits en matériaux légers et en fagots facilitent
l’installation rapide des commerçants, mais ils constituent aussi un combustible idéal au moindre départ de feu. Laisser perdurer une telle situation revient à exposer volontairement des centaines de familles à une catastrophe annoncée.

Au-delà des cendres, une responsabilité collective

Le drame de Mbikou doit servir d’électrochoc. Les autorités locales et nationales ne peuvent plus considérer les marchés ruraux comme des espaces secondaires. Ils sont au cœur de l’économie populaire et assurent la sécurité alimentaire de régions entières.

Reconstruire ne suffira pas. Il faudra penser à des infrastructures plus résistantes, mettre en place des dispositifs de prévention et organiser une véritable réponse d’urgence pour accompagner les victimes. Sans cela, Mbikou risque de connaître une nouvelle tragédie dans quelques années.

Aujourd’hui, les habitants de Mbikou ne pleurent pas seulement un marché. Ils pleurent un outil de travail, un lieu de rencontre et une partie de leur avenir. Si rien n’est fait, les cendres de Mbikou deviendront le symbole d’un abandon silencieux des territoires ruraux.

Martin HIGDE NDOUBA

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