Tchad: Mahamat Zene Daba, le retour calculé d’un survivant
À N’Djamena, peu de noms suscitent autant de commentaires feutrés que celui de Mahamat Zene Daba. Discret ces derniers temps, mais jamais tout à fait effacé, l’ancien cadre du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) réapparaît aujourd’hui au centre du jeu politique. L’Assemblée nationale vient, en effet, d’adopter un texte lui accordant une amnistie générale. Un acte juridique, certes, mais dont les implications politiques dépassent largement le cadre législatif.
Héritier du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), Mahamat Zene Daba bénéficie ainsi d’un effacement complet de ses antécédents judiciaires. Pour les observateurs, elle symbolise surtout une recomposition interne, à un moment où la majorité présidentielle verrouille son espace politique et ajuste ses équilibres. Dans cette mécanique, chaque retour compte, chaque geste est scruté. Et celui-ci en dit long.
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Les rumeurs qui circulent depuis plusieurs semaines vont en ce sens : Mahamat Zene Daba pourrait se voir confier un portefeuille stratégique, certains évoquant même un poste de vice-premier ministre. Une hypothèse qui prend de l’épaisseur dans un contexte où le pouvoir met en avant ses “12 chantiers et 100 actions”, un programme qui exige, d’après les proches du dossier, une cohésion politique totale.
Si son avenir immédiat reste entouré d’incertitudes, une chose est sûre : avec ce retour officiel dans les rangs, Mahamat Zene Daba s’impose à nouveau comme une pièce incontournable du puzzle politique tchadien. Une pièce que le pouvoir remet en mouvement au moment où il prépare à mettre en application les recommandations de la nouvelle constitution révisée.
HIGDE NDOUBA Martin
