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Écoles tchadiennes : après le passage du président, les balais sortent

Après la visite du président Mahamat Idriss Déby Itno dans des établissements scolaires de N’Djaména, le nettoyage semble être devenu la première réponse des autorités. Pourtant, le message du président portait surtout sur la réhabilitation et l’équipement des écoles publiques. Entre balais et infrastructures, le décalage interroge.

Le président parlait d’écoles, pas seulement de propreté

Lors de sa visite, le président a appelé les Tchadiens à contribuer, chacun selon ses moyens, à la réhabilitation et à l’équipement des établissements publics. Un appel qui dépassait largement la question de la propreté.

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L’objectif affiché était de mobiliser les citoyens, les entrepreneurs, les responsables et la diaspora autour d’un chantier essentiel : offrir aux élèves des conditions d’apprentissage dignes.

Mais quelques jours plus tard, les images qui circulent montrent surtout des opérations de nettoyage dans plusieurs établissements. Cours balayées, espaces débarrassés des déchets, environnement remis en ordre : le résultat est visible. Mais est-ce vraiment cela, le cœur du message ?

Balayer ne suffit pas à réhabiliter

Une école propre est évidemment préférable à une école insalubre. Mais une cour débarrassée des déchets ne transforme pas une salle de classe vétuste. Un coup de balai ne remplace ni des tables-bancs, ni des sanitaires fonctionnels, ni des équipements pédagogiques. C’est ici que le message du président risque de se perdre.

Réhabiliter une école suppose des investissements, des travaux, des équipements et un suivi. Cela signifie aussi s’attaquer aux problèmes structurels qui affectent quotidiennement les élèves et les enseignants.

Le président n’a pas appelé les Tchadiens à organiser une opération nationale de balayage. Il les a invités à contribuer à l’amélioration des écoles publiques.

La réaction qui fait réfléchir

Le nettoyage est la réponse la plus rapide et la plus visible. Il permet de montrer immédiatement que quelque chose a changé après le passage présidentiel.

Mais une politique publique ne devrait pas être mesurée à la vitesse avec laquelle les balais apparaissent après une visite officielle.

Le président peut constater les insuffisances. Les autorités, elles, doivent assurer la continuité de l’action publique, même lorsque le président n’est plus sur place.

Sinon, une question demeure : faut-il attendre chaque visite du président pour que les écoles soient nettoyées, entretenues ou réhabilitées ?

L’école mérite mieux qu’une opération de circonstance

Le véritable défi commence précisément après les caméras, les visites et les opérations ponctuelles.

Si l’appel du président doit produire un effet durable, il faut désormais des projets précis : quelles écoles seront réhabilitées ? Quels équipements seront fournis ? Avec quels financements ? Selon quel calendrier ? Et surtout, qui assurera le suivi ?

Le président a lancé un appel à la mobilisation. Aux autorités de transformer cet appel en résultats concrets.

Car une école ne doit pas être belle uniquement lorsque le président la visite. Elle doit être digne tous les jours, pour les élèves et les enseignants. Le balai peut nettoyer une cour, il ne réhabilite pas une école.

Martin HIGDE NDOUBA

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