Un Jeune homme condamné après avoir promis de multiplier une somme de 23 millions
Un Jeune homme âgé de 36 ans, poursuivi pour escroquerie, a été condamné à 24 mois de prison ferme après une affaire de « médicament d’argent » portant sur 23,18 millions de francs CFA.
A lire aussi /156 Tchadiens regagnent le pays : pourquoi ce choix ?
Une promesse de richesse qui tourne au cauchemar
Un jeune homme de 36 ans, identifié sous le nom d’emprunt de Francis, comparaissait le mercredi 2 septembre 2026 devant le Tribunal de grande instance Ouaga I, siégeant en matière correctionnelle. Célibataire et père de trois enfants, il était poursuivi pour des faits d’escroquerie.
Au cœur du dossier, une somme particulièrement importante : 23 180 000 francs CFA. Selon les débats, cette somme aurait été remise à Francis dans le cadre d’un prétendu « médicament d’argent », censé permettre de faire fructifier les fonds confiés.
L’affaire aurait commencé en Côte d’Ivoire, à Buyo, après une rencontre dans un maquis entre Francis et Issouf, vendeur de téléphones. Les échanges entre les deux hommes auraient progressivement porté sur leurs activités professionnelles. Le jeune homme aurait alors proposé son aide pour favoriser la prospérité du commerce de téléphones d’Issouf.
Selon les déclarations de la victime, 20 millions de francs CFA lui auraient été remis pour effectuer ce prétendu travail. Une somme supplémentaire aurait ensuite été réclamée pour des sacrifices, portant le montant total évoqué dans le dossier à 23,18 millions de francs CFA.
Mais lorsque le sac censé contenir l’argent « multiplié » a été ouvert, la surprise aurait été totale : au lieu des billets attendus, Issouf aurait découvert des cauris et des morceaux de tissu.
Entre dénégations, contradictions et condamnation
Face au tribunal, le jeune homme a contesté avoir escroqué la victime. Il a toutefois reconnu avoir participé à certaines pratiques présentées comme des sacrifices et avoir reçu une partie de l’argent.
Un point particulièrement troublant est apparu au cours des échanges. Francis a reconnu avoir expliqué à Issouf qu’il existait plusieurs façons de procéder à cette prétendue multiplication de l’argent, avant d’affirmer qu’il savait lui-même qu’un « médicament d’argent » permettant réellement de multiplier les billets n’existait pas.
Cette contradiction a alimenté les interrogations du tribunal et du parquet. Si le prévenu savait que la multiplication de l’argent était impossible, pourquoi avoir poursuivi les démarches et accepté certaines sommes ?
Le parquet a estimé que le jeune homme avait manœuvré la victime et demandé au tribunal de le retenir dans les liens de la prévention pour escroquerie portant sur 7 millions de francs CFA.
Le ministère public avait requis 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, une amende de 3 millions de francs CFA, ainsi que le remboursement des 23,18 millions de francs CFA réclamés par la victime.
À la barre, Issouf a, de son côté, demandé le remboursement intégral de son argent.
Le jeune homme a finalement sollicité la clémence du tribunal, indiquant être disposé à vendre certains de ses biens pour rembourser les sommes qu’il reconnaissait avoir reçues.
Le tribunal n’a toutefois pas suivi cette demande de clémence. Le jeune homme a été déclaré coupable d’escroquerie et condamné à 24 mois d’emprisonnement ferme, ainsi qu’à 1 million de francs CFA d’amende ferme. La juridiction a également ordonné le remboursement des 23 180 000 francs CFA à la victime et le paiement de 500 000 francs CFA au titre des frais d’avocat.
Le tribunal a en outre ordonné la confiscation d’un scooter de marque Aerox appartenant au prévenu, qui devra être remis à la victime. La contrainte judiciaire a été fixée à neuf mois.
Au-delà du verdict, cette affaire met en lumière les dangers liés aux promesses d’enrichissement rapide et aux pratiques présentées comme capables de transformer ou de multiplier l’argent. Le jeune homme condamné devra désormais répondre de ses actes devant la justice, tandis que cette affaire rappelle qu’en matière financière, la recherche de gains rapides peut parfois conduire à de lourdes conséquences.
AMINA KABO DJARMAH
Source/ justice Info Burkina