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Tchad : quel bilan après deux ans de quinquennat ?

Le gouvernement tchadien s’est engagé, les 30 et 31 octobre 2026, dans l’examen du bilan des deux premières années du quinquennat de Mahamat Idriss Déby Itno. Structuré autour de 12 chantiers et de 100 actions, le programme présidentiel ambitionne de transformer le pays. Mais au-delà des discours officiels, une question demeure : que voient réellement les populations dans leur quotidien ? Entre pénuries d’électricité, difficultés alimentaires, écoles précaires et routes dégradées, les attentes sociales interrogent la portée de ce bilan.

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Séminaire gouvernemental pour mesurer les engagements

Le Premier ministre, Allah-Maye Halina, a présidé, vendredi 30 octobre 2026, au nom du président de la République, l’ouverture du séminaire gouvernemental consacré à la validation du rapport biennal de mise en œuvre du programme politique du chef de l’État.

Pendant deux jours, les membres du gouvernement, les experts et les points focaux des différents ministères sont appelés à examiner les réalisations, mesurer les progrès accomplis, identifier les difficultés et proposer des ajustements.

Lors de son allocution, le chef du gouvernement a rappelé que la confiance accordée à Mahamat Idriss Déby Itno lors de l’élection présidentielle du 6 mai 2024 traduit l’adhésion à une vision et à un projet de société. Un projet articulé autour de 12 chantiers et de 100 actions concrètes, couvrant notamment les infrastructures, les services sociaux, l’économie, les institutions, la paix et la sécurité.

Mais deux ans après le début du quinquennat, la validation d’un rapport suffit-elle à démontrer les changements annoncés ?

Les 12 chantiers face à la réalité des ménages

Sur le papier, les ambitions sont nombreuses. Dans les discours officiels, les avancées sont régulièrement évoquées. Pourtant, pour une partie de la population, les préoccupations restent élémentaires.

À quoi sert un bilan biennal lorsque des familles continuent de vivre sans accès régulier à l’électricité ? Comment parler de transformation sociale lorsque manger à sa faim demeure une difficulté pour certains ménages ? Que signifie la modernisation de l’éducation lorsque des élèves fréquentent encore des établissements aux salles de classe construites en matériaux précaires ?

À ces préoccupations s’ajoutent les routes dégradées, les difficultés d’accès à l’eau potable et le poids des dépenses quotidiennes. Autant de réalités qui alimentent les interrogations sur la traduction concrète des engagements présidentiels.

Le problème n’est donc pas uniquement de produire un bilan administratif. Il est aussi de démontrer, avec des données vérifiables, dans quelle mesure les politiques publiques ont amélioré les conditions de vie des citoyens.

Des discours aux résultats : l’exigence de redevabilité

Le Premier ministre a lui-même insisté sur la nécessité d’évaluer l’action publique au-delà des annonces et des activités engagées. Une reconnaissance importante : la réussite d’un programme ne se mesure pas au nombre de réunions organisées, mais aux résultats obtenus et à leur impact sur les populations.

Le bilan attendu devrait ainsi permettre de connaître les projets achevés, ceux qui accusent des retards, les ressources mobilisées et les résultats effectivement obtenus. Les difficultés doivent également être exposées sans détour.

Car le peuple n’attend pas simplement des rapports validés dans les salles de conférence. Il attend de l’eau dans les robinets, de la nourriture sur les tables, de l’électricité dans les foyers, des écoles dignes pour ses enfants et des routes praticables.

Les 12 chantiers et les 100 actions ne peuvent rester des références dans les discours institutionnels. Leur crédibilité dépendra de leur traduction dans la vie quotidienne.

Au fond, le véritable bilan du quinquennat ne se jouera pas seulement autour d’une table gouvernementale. Il se lira dans les quartiers, les villages, les écoles et les foyers tchadiens.

Martin HIGDE NDOUBA

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