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Journées gastronomiques : 4e édition célébrée au pas de course

Du 30 octobre au 1er novembre 2026, N’Djaména accueille la quatrième édition des Journées gastronomiques du Tchad à l’Espace culturel Talino Manu. Placée sous le thème « Gastronomie tchadienne : nos saveurs, notre identité culturelle », cette manifestation entend promouvoir les spécialités des différentes provinces. Mais trois jours suffisent-ils pour faire découvrir toute la richesse culinaire du pays aux habitants de la capitale ?

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La gastronomie tchadienne est bien plus qu’une affaire de cuisine. Elle raconte des histoires, traduit des traditions et témoigne de la diversité culturelle des communautés. C’est autour de cette richesse que s’est ouverte, vendredi 30 octobre 2026, la quatrième édition des Journées gastronomiques du Tchad, à l’Espace culturel Talino Manu, à N’Djaména.

La cérémonie de lancement a été présidée par Abdoulaye Souleymane Babalé, secrétaire général du ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, représentant le ministre Abakar Rozzi Teguil. Cette édition se déroule autour d’une ambition : faire de la cuisine un marqueur de l’identité nationale et un instrument de rapprochement entre les populations.

La cuisine, miroir de la diversité tchadienne

Derrière chaque plat se cache toute une chaîne de savoir-faire. Agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, transformatrices et restaurateurs contribuent à faire vivre un patrimoine culinaire souvent insuffisamment valorisé. Dans le discours du ministre, lu à cette occasion par son représentant, la gastronomie est présentée comme un secteur qui mérite davantage de reconnaissance et de soutien économique.

L’édition de cette année entend ainsi encourager les restaurants et les organisateurs de manifestations officielles à accorder une place plus importante aux spécialités locales. Une manière de sortir les mets tchadiens de leur cadre familial pour les installer durablement dans les habitudes de consommation et les espaces de restauration.

Le rôle des femmes a également été particulièrement souligné. Gardiennes des recettes traditionnelles et passeuses de connaissances entre générations, elles occupent une place centrale dans la préservation de ce patrimoine.

Trois jours pour découvrir plusieurs provinces : un format trop court ?

Si l’initiative mérite d’être saluée, la durée de la manifestation soulève néanmoins une interrogation. Du 30 octobre au 1er novembre, soit trois jours seulement, le public dispose d’un temps relativement limité pour découvrir la diversité des spécialités culinaires des différentes provinces du Tchad.

Comment permettre aux habitants de N’Djaména de goûter, de comprendre et d’apprécier les traditions gastronomiques d’un pays aussi vaste en un week-end ? La question mérite d’être posée, notamment lorsque l’objectif affiché est de faire de la gastronomie un véritable outil de transmission culturelle.

Une prolongation de la durée ou une programmation itinérante dans les provinces pourrait donner davantage de visibilité aux produits locaux, aux recettes traditionnelles et aux femmes qui les transmettent. Car valoriser une cuisine nationale suppose aussi de donner du temps à ceux qui la font vivre.

Une ouverture vers les cuisines africaines

Cette quatrième édition prend également une dimension continentale avec la participation de restaurants sénégalais et ivoiriens. Cette ouverture intervient dans un contexte marqué par la perspective de l’exemption de visa pour les ressortissants africains à compter du 1er janvier 2027.

Au-delà de la découverte culinaire, cette participation traduit une volonté de renforcer les échanges culturels et de faire de la gastronomie un levier de rapprochement entre les peuples africains.

Le secrétaire général a salué la contribution de l’Office national de la promotion du tourisme, de l’artisanat et des arts, du comité d’organisation, de MOOV AFRICA, partenaire officiel, ainsi que de l’Espace culturel Talino Manu et des délégations provinciales.

Cette édition rappelle que partager le plat d’une autre province, c’est aussi découvrir son histoire et apprendre à respecter ses différences. Un message de vivre-ensemble et de cohésion nationale qui mérite de dépasser les trois jours de festivités.

Martin HIGDE NDOUBA

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