Tchad-Libye : création prochaine d’une commission mixte
Entre enjeux sécuritaires, migrations et coopération économique, le Tchad et la Libye veulent donner un nouvel élan à leurs relations. Une réunion prochaine à N’Djamena devrait ouvrir la voie à la création d’une commission mixte chargée de renforcer le dialogue entre les deux pays.
A Lire aussi/Sport/Jeunesse : Annick Ouattara et la Russie unissent leurs efforts pour la promotion du sport et de la jeunesse
N’Djamena et Tripoli veulent relancer le dialogue
Le rapprochement entre le Tchad et la Libye se précise. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, s’est entretenu avec son homologue libyen, Taher Salem Al-Baour. Au menu de cette rencontre : les moyens de consolider les relations entre les deux pays et de donner davantage de contenu à leur coopération bilatérale.
Les échanges ont porté sur plusieurs secteurs jugés stratégiques. Politique, sécurité, économie, migrations, affaires consulaires et justice figurent parmi les principaux dossiers évoqués. Des sujets qui, pour N’Djamena comme pour Tripoli, dépassent largement le cadre diplomatique.
Dans cet environnement régional marqué par les tensions sécuritaires et les mouvements de populations, la création d’un mécanisme régulier de concertation pourrait permettre aux deux capitales de mieux coordonner leurs positions.
Une commission pour traiter les dossiers sensibles
L’un des principaux résultats de cette rencontre réside dans l’annonce de la prochaine tenue, à N’Djamena, de la Commission mixte tchado-libyenne. Cette initiative constitue une étape vers la création d’un cadre institutionnel permettant d’aborder de manière plus structurée les questions d’intérêt commun.
La commission devrait notamment offrir aux responsables des deux pays un espace de discussions sur les questions économiques et commerciales, mais aussi sur la sécurité et la circulation des personnes. La question migratoire, particulièrement sensible entre les deux pays, pourrait également occuper une place importante dans les travaux.
La création de cette commission intervient alors que le Tchad et la Libye partagent une longue frontière et entretiennent des relations influencées par les évolutions politiques et sécuritaires du Sahel et de l’Afrique du Nord.
Pour N’Djamena, cette démarche pourrait également contribuer à renforcer le dialogue avec un voisin stratégique. Pour Tripoli, elle offre l’occasion de consolider ses relations avec un pays situé au sud de son territoire.
Des intérêts communs à mieux coordonner
Au-delà des déclarations diplomatiques, la création de la Commission mixte pourrait être jugée à l’aune de sa capacité à produire des résultats concrets. Les questions sécuritaires, judiciaires et consulaires nécessitent en effet une coopération régulière, notamment lorsqu’elles concernent les ressortissants des deux pays.
La création de ce cadre pourrait aussi ouvrir de nouvelles perspectives dans les domaines économique et commercial, à condition que les engagements annoncés soient suivis d’actions.
Reste désormais à connaître la date exacte de la rencontre de N’Djamena. Sa tenue devrait préciser les priorités des deux gouvernements et donner un contenu opérationnel à cette volonté de rapprochement.
La création de la commission mixte tchado-libyenne apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de structurer une relation de voisinage dont les enjeux dépassent les seules frontières des deux États.
Martin HIGDE NDOUBA


