Tchad : à Chagoua, l’école cherche un second souffle
À N’Djaména, le ministre d’État chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a participé, ce vendredi 9 octobre 2026, aux travaux de salubrité et de réfection de l’école Chagoua 1. Une initiative portée par la Direction générale des Douanes et Droits indirects, qui traduit un engagement en faveur de l’éducation, mais rappelle aussi l’ampleur des besoins dans les établissements scolaires tchadiens.
Réhabiliter les salles de classe, un impératif national
Balais, outils de réfection et mobilisation collective : à l’école Chagoua 1, dans le 6ᵉ arrondissement de N’Djaména, l’heure était à l’action. Aux côtés des agents des Douanes, des responsables municipaux, des inspecteurs, des enseignants et des élèves, Tahir Hamid Nguilin a pris part aux travaux de salubrité et de remise en état des salles de classe.
Cette mobilisation s’inscrit dans le prolongement de l’appel lancé par le président de la République, invitant les personnes de bonne volonté à contribuer à la réhabilitation des établissements scolaires du pays.
L’initiative mérite d’être saluée. Dans un contexte où les infrastructures éducatives restent un défi majeur, chaque effort visant à offrir aux élèves un environnement d’apprentissage plus propre et plus accueillant constitue un pas dans la bonne direction. Une école entretenue, des salles de classe fonctionnelles et un cadre d’apprentissage digne participent à la réussite scolaire.
Toutefois, au-delà de la portée symbolique de cette opération, une question demeure : combien d’établissements attendent encore une intervention similaire à travers le Tchad ?
Les fournitures scolaires, un soutien aux plus vulnérables
La journée ne s’est pas limitée au nettoyage et à la réfection des locaux. En marge des travaux, la Direction générale des Douanes et Droits indirects a également remis des fournitures scolaires à des élèves issus de familles démunies.
Ce geste vise à alléger les difficultés rencontrées par les ménages les plus vulnérables et à permettre aux enfants concernés de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.
Pour de nombreuses familles, les dépenses liées à la rentrée scolaire représentent une charge importante. Cahiers, stylos et autres matériels indispensables peuvent devenir difficiles à financer lorsque les revenus du foyer sont insuffisants. Dans ces circonstances, une aide ciblée peut contribuer à réduire les obstacles qui fragilisent la fréquentation scolaire.
Mais la solidarité ponctuelle ne saurait remplacer une politique durable de soutien aux élèves. L’accès aux fournitures, la qualité des infrastructures et la disponibilité des enseignants doivent s’inscrire dans une stratégie cohérente pour garantir à chaque enfant les mêmes chances de réussite.
De l’engagement ponctuel à une politique durable
La participation d’un membre du gouvernement à ces travaux envoie un signal politique : la responsabilité de l’éducation ne repose pas uniquement sur le ministère chargé de ce secteur. Les administrations publiques, les collectivités territoriales, les entreprises et les citoyens peuvent également contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage.
Néanmoins, l’enthousiasme suscité par ces opérations doit s’accompagner d’un suivi concret. Une école réhabilitée aujourd’hui doit pouvoir conserver des locaux propres et des équipements fonctionnels demain. Cela suppose des moyens d’entretien, des investissements réguliers et une répartition équitable des ressources entre les établissements.
Le défi consiste désormais à transformer ces initiatives en un mouvement national durable, plutôt qu’en interventions isolées dépendant de la disponibilité des bonnes volontés.
Car une école digne ne devrait pas relever de la seule générosité des institutions ou des particuliers. Elle constitue une exigence fondamentale pour les enfants et un investissement stratégique pour l’avenir du pays.
Au Tchad, réhabiliter une école, soutenir les élèves démunis et améliorer les conditions d’apprentissage sont autant de priorités qui méritent des actes concrets. La mobilisation de Chagoua 1 ouvre une piste encourageante. Reste à faire en sorte que chaque établissement primaire du pays puisse bénéficier, à terme, de la même attention et que l’entretien de chaque école devienne une responsabilité collective, soutenue par des engagements publics durables.
Martin HIGDE NDOUBA

