Tchad: 1 823 forages de Passalet Kanabé Marcellin à l’épreuve du terrain
Au Tchad, l’accès à l’eau potable demeure l’un des défis les plus persistants du développement. Lors de la réunion de suivi-évaluation du programme politique du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalet Kanabé Marcellin, a présenté un bilan qui se veut encourageant : un taux d’exécution de 63,5 % dans le secteur de l’eau, accompagné de plusieurs réalisations à travers le pays.
Mais au-delà des chiffres, une question demeure : ces avancées suffisent-elles à répondre à la soif des populations ?
Des progrès réels, mais insuffisants
Dans son exposé, Passalet Kanabé Marcellin a mis en avant plusieurs réalisations importantes. Le ministère a notamment procédé à la construction de 342 châteaux et mini-châteaux d’eau, à la réhabilitation de 90 infrastructures hydrauliques, ainsi qu’à la réalisation de 1 823 forages équipés de pompes à motricité humaine.
Ces infrastructures ont permis d’améliorer l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs provinces, dont le Ouaddaï, le Moyen-Chari, les deux Logone, le Kanem, le Batha, le Borkou, le Salamat et le Mandoul. Pour Passalet Kanabé Marcellin, ces efforts témoignent d’une volonté gouvernementale de réduire les inégalités territoriales et d’offrir un accès plus large à l’eau potable.
Sur le papier, les chiffres sont impressionnants. Dans les rapports administratifs, ils traduisent une dynamique. Mais dans la réalité quotidienne de nombreux villages et quartiers périphériques, l’eau reste un luxe.
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La réalité du terrain
Car malgré les 1 823 forages annoncés, plusieurs localités continuent d’éprouver de graves difficultés d’accès à l’eau potable. Dans certaines zones rurales, les femmes et les enfants parcourent encore des kilomètres sous un soleil écrasant pour remplir quelques bidons d’eau, parfois dans des sources non sécurisées.
Cette contradiction entre les statistiques et la réalité du terrain interroge. Les infrastructures existent-elles là où les besoins sont les plus urgents ? Sont-elles correctement entretenues ? Ou bien les efforts restent-ils encore trop dispersés face à l’immensité du territoire tchadien ?
Dans ce contexte, Passalet Kanabé Marcellin se trouve au cœur d’un défi colossal : transformer les réalisations annoncées en un accès réel et durable à l’eau potable pour les populations.
L’accès à l’eau n’est pas seulement une question d’infrastructures. C’est un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de justice sociale. Sans eau potable, aucune politique de développement ne peut véritablement prospérer.
C’est pourquoi les chiffres présentés par Passalet Kanabé Marcellin doivent être perçus non comme une finalité, mais comme une étape. Car si les avancées sont visibles, les attentes des populations restent immenses.
Martin HIGDE NDOUBA