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Senoussi Hassana Abdoulaye : Changer N’Djamena , le pari presque impossible

Changer le visage de N’Djamena est un pari politique risqué, presque ingrat. À la tête de la mairie centrale, Senoussi Hassana Abdoulaye s’est engagé dans une mission qui use les nerfs, le corps et le capital politique. Entre ambitions urbaines et réalités sociales, le chantier est colossal.

Une capitale à bout de souffle

Dès les premières heures du jour, Senoussi Hassana Abdoulaye fait face à une ville débordée par ses propres contradictions. L’insalubrité s’impose comme un décor quotidien, les ordures s’accumulent, les marchés débordent sur la chaussée et l’occupation anarchique de l’espace public défie toute tentative d’ordre. N’Djamena grandit vite, mais sans discipline collective.

La démarche de Senoussi Hassana Abdoulaye repose sur une conviction simple : une capitale ne peut se moderniser sans règles. Déguerpissements, opérations de salubrité, rappels à l’ordre… chaque décision heurte des intérêts installés. Dans une ville où le désordre est devenu une norme, l’autorité municipale apparaît souvent comme une contrainte plutôt qu’un levier de progrès.

Senoussi Hassana Abdoulaye se heurte à des moyens limités, à une administration fragilisée et à une population souvent peu sensibilisée aux enjeux urbains. Le maire agit, parfois seul, là où l’action devrait être collective et soutenue par une véritable politique nationale de la ville.

À force de porter à bout de bras la transformation de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye s’expose à l’épuisement politique. Les critiques pleuvent, les résultats tardent à convaincre et la pression sociale ne faiblit pas. Réformer une capitale ne se fait ni dans l’urgence ni contre les citoyens, mais avec eux.

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Changer la ville, changer les mentalités

Senoussi Hassana Abdoulaye incarne une volonté de rupture avec le laisser-aller urbain. Mais sans un sursaut civique et un accompagnement institutionnel fort, l’homme risque de s’user avant que la ville ne change réellement de visage. N’Djamena ne se transformera pas par la seule détermination d’un maire, aussi volontaire soit-il.

Martin HIGDE NDOUBA

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