Sécurité de proximité : la maquette qui interpelle les autres communes
À N’Djaména, la sécurité de proximité ne devrait pas seulement se mesurer au nombre d’agents déployés, mais aussi à la qualité des infrastructures qui les accueillent. Dans le 10ᵉ arrondissement, la présentation d’une maquette de cinq futurs postes de sécurité de la Gendarmerie nationale ouvre une réflexion plus large : pourquoi ne pas généraliser cette ambition à toute la capitale ?
Cinq postes, une ambition
La commune du 10ᵉ arrondissement de N’Djaména annonce la réalisation, sur fonds propres, de cinq postes de sécurité dans les quartiers Annigueré, Almour, Fondoré 1, Dabazene et Lamadji. La maquette présentée donne ainsi un aperçu de ce que pourraient devenir ces futurs points de présence de la Gendarmerie nationale au cœur des quartiers.
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L’objectif affiché est clair : rapprocher les forces de sécurité des populations, améliorer leur réactivité et renforcer la protection des personnes et de leurs biens. Une démarche qui mérite d’être saluée, car la sécurité de proximité ne peut être efficace durablement si elle reste éloignée des réalités quotidiennes des habitants.
Quand le hangar devient la norme
Mais cette initiative soulève surtout une question embarrassante. Dans une capitale qui aspire à se moderniser, est-il normal que des sous-postes de sécurité fonctionnent encore dans des hangars de toile ou des installations précaires ?
La maquette du 10ᵉ arrondissement contraste fortement avec cette réalité. Elle montre qu’une commune peut réfléchir à des infrastructures permanentes, adaptées et dignes pour les agents chargés de protéger les citoyens.
Il ne s’agit pas seulement d’une question d’esthétique. Un poste de sécurité fonctionnel doit offrir aux forces de l’ordre des conditions minimales de travail, permettre l’accueil des citoyens et renforcer la présence institutionnelle dans les quartiers.
Exemple à suivre
La commune a également attribué un site à la compagnie de N’Djaména Est afin de contribuer au renforcement du maillage sécuritaire de l’arrondissement. Cette décision complète une vision qui semble dépasser la simple construction de bâtiments.
La maquette devient alors le symbole d’une autre manière de penser la sécurité : moins concentrée dans quelques grandes unités, davantage présente dans les quartiers et plus proche des habitants.
Avant même la pose de la première pierre, cette maquette mérite donc d’être appréciée comme une invitation adressée aux autres communes de N’Djaména. Pourquoi ne pas s’inspirer de cette initiative pour remplacer progressivement les installations précaires par des postes permanents ?
Une promesse à transformer
Reste maintenant le plus important : passer de la maquette à la réalité. Une belle infrastructure sur papier ne protège personne. Les habitants attendent des réalisations concrètes, des délais respectés et des équipements effectivement opérationnels.
Le 10ᵉ arrondissement semble avoir lancé une piste. Aux autres communes de N’Djaména, mais aussi aux autorités compétentes, de saisir cette opportunité. Car une capitale moderne ne devrait pas seulement construire des routes et des bâtiments administratifs. Elle doit aussi donner à ceux qui assurent sa sécurité les moyens et les infrastructures nécessaires pour accomplir leur mission. La maquette n’est donc pas une fin, elle est un signal : la sécurité de proximité mérite mieux que des hangars.
Martin HIGDE NDOUBA