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Or, Lithium et Uranium : sous-sol de l’AES déborde par le pactole minier

À Ouagadougou, la 8ᵉ Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) a dévoilé, le 14 septembre, l’étendue des richesses minières de l’Alliance des États du Sahel (AES ). Uranium nigérien, or malien et burkinabè, lithium, bauxite, manganèse, fer ou phosphates : l’AES dispose d’un sous-sol considérable. Reste désormais à transformer ces ressources en véritable moteur de développement, plutôt qu’en simples cargaisons de matières premières.

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Sous-sol qui change de dimension

Pour les trois pays de l’AES, le secteur minier est devenu un enjeu central de souveraineté économique. La SAMAO, organisée cette année conjointement avec la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), a permis de mettre des chiffres sur un potentiel longtemps présenté de manière dispersée.

Selon les données communiquées par Issa Coulibaly, directeur national de la Géologie et des Mines du Mali, le Mali et le Burkina Faso produisent chacun entre 50 et 65 tonnes d’or par an au niveau industriel. Le lithium prend également une place croissante. Les gisements de Goulamina et de Bougouni représentent ensemble plus de 200 millions de tonnes de minerai, avec un objectif de production de 500 000 tonnes de concentré par an.

Au Mali, la région de Kayes concentrerait également plus de deux milliards de tonnes de bauxite. Une richesse encore largement sous-exploitée.

 

De l’extraction à la transformation

Depuis 2023, les trois États de l’AES cherchent à reprendre davantage de contrôle sur leur secteur extractif. Bamako a porté à 30 % la participation publique dans les nouveaux projets miniers. Ouagadougou a relevé en 2024 la participation gratuite de l’État de 10 à 15 %. Niamey a, de son côté, repris le contrôle opérationnel des mines exploitées par Orano.

Le message est désormais clair : posséder des ressources ne suffit plus. Encore faut-il les transformer localement. Manganèse de Tambao au Burkina Faso, estimé à environ 15 millions de tonnes, ressources d’Ansongo-Takabote au Mali, fer au Mali et au Niger, phosphates du parc W-Tapoa : l’inventaire présenté à Ouagadougou dessine une carte minière particulièrement dense.

« Les ressources ne peuvent nous appartenir que si nous les valorisons », a souligné Issa Coulibaly. Une phrase qui résume l’un des principaux défis de l’AES : passer de l’exportation brute à l’industrialisation.

Uranium, pétrole et soleil : le pari énergétique

Le potentiel ne s’arrête pas aux minerais. L’AES disposerait également d’importantes capacités énergétiques. Le potentiel solaire exploitable a été évalué à 95,9 GW, alors que l’accès à l’électricité reste limité au Burkina Faso et au Niger.

Le Niger conserve, lui, une place particulière avec son uranium et son secteur pétrolier. Le pays compterait 45 blocs pétroliers disponibles, dont 35 ouverts à l’exploration, pour une production annoncée de 110 000 barils par jour.

Pour les dirigeants de l’AES, l’enjeu est désormais de convertir cette abondance en infrastructures, emplois, recettes publiques et industries locales. La richesse du sous-sol est une opportunité ; sa transformation en prospérité demeure le véritable défi.

Martin HIGDE NDOUBA

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