Nucléaire en Afrique : le Togo veut passer à l’action
Le nucléaire en Afrique s’impose désormais comme un enjeu de souveraineté énergétique, industrielle et numérique. À Londres, le Togo défend une vision : faire du continent un véritable acteur de la nouvelle économie nucléaire, et non un simple fournisseur de ressources.
De l’uranium à la valeur ajoutée
Pendant longtemps, l’Afrique a surtout été associée aux ressources minières nécessaires au nucléaire. Mais le modèle que défend aujourd’hui le Togo veut aller plus loin. Nucléaire en Afrique doit, selon cette vision, rimer avec formation des ingénieurs, développement des compétences, création d’industries et production d’électricité.
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À travers cette position, Lomé refuse que le continent reste cantonné au rôle de fournisseur de minerais et d’acheteur de technologies conçues ailleurs. L’objectif affiché est de permettre aux pays africains de construire progressivement leurs propres capacités et de choisir leurs partenaires selon leurs besoins.
Le financement, le vrai défi
Le débat sur le nucléaire en Afrique ne se limite toutefois pas à la technologie. Pour le Togo, le principal obstacle reste aussi financier. Les projets nucléaires nécessitent des investissements considérables, une réglementation solide et une visibilité sur plusieurs décennies.
Le pays mise ainsi sur la coopération avec l’AIEA, le renforcement de ses institutions et la mobilisation des investisseurs. Dans cette stratégie, le nucléaire en Afrique doit commencer par la crédibilité avant de commencer par le béton.
Le Togo souhaite également encourager une coopération entre pays africains, notamment autour des petits réacteurs modulaires, afin de renforcer leur pouvoir de négociation face aux grands fournisseurs mondiaux.
Cette ambition prendra une nouvelle dimension à Lomé en juin 2027, avec l’organisation annoncée du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa. Pour le Togo, le nucléaire en Afrique ne doit plus rester au stade des discours : il doit déboucher sur des projets, des financements, des compétences et des partenariats.
À Londres, le message est donc lancé. Le nucléaire en Afrique ne serait plus seulement une question d’énergie, mais aussi une question de souveraineté et d’avenir industriel.
AMINA KABO DJARMAH
Source/ World Nuclear Symposium a Londres