N’Djamena, la personne âgée condamnée à mendier ?
À N’Djamena, la pauvreté ne touche pas seulement les jeunes ou les familles. Chaque jour, aux abords des marchés et des grands axes, la personne âgée se retrouve réduite à mendier pour survivre. Voir des hommes et des femmes de l’autre génération vivre dans de telles conditions est déplorable et questionne le rôle de l’État et de la société civile.
Une tradition de respect oubliée
Autrefois, la société tchadienne accordait à la personne âgée une place centrale dans la famille et la communauté. Aujourd’hui, faute de politiques sociales adaptées, de nombreuses personnes âgées se retrouvent isolées, sans ressources et sans soutien. La mendicité devient alors pour elles un dernier recours, un triste contraste avec leur contribution passée à la société.
L’État peine à mettre en place des mécanismes de protection pour le troisième âge. Il n’existe ni pension universelle digne de ce nom, ni structures d’accueil adaptées. La personne âgée est ainsi exposée à la vulnérabilité et à l’abandon, révélant les limites d’un système social encore trop fragile.
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La responsabilité collective
Au-delà de l’État, la responsabilité repose aussi sur la société. Familles fragilisées, urbanisation rapide, rupture des solidarités traditionnelles : tous ces facteurs laissent la personne âgée isolée et vulnérable. Ignorer cette réalité, c’est mettre en danger la mémoire et les repères culturels d’une nation.
Il est urgent de mettre en place des programmes d’assistance sociale et des cadres de protection adaptés. Garantir l’accès aux soins et créer des mécanismes de soutien permettent à la personne âgée de vivre dignement. Protéger les anciens n’est pas un luxe, mais un devoir moral et social.
Le sort réservé à la personne âgée doit interpeller chacun. Redonner dignité et sécurité aux aînés aujourd’hui, c’est préparer une société plus juste et solidaire demain.
Martin HIGDE NDOUBA