N’Djamena : coup de balai ne suffit pas, il faut changer les mentalités
Les opérations de salubrité se multiplient dans les grandes villes, les campagnes de sensibilisation aussi. Pourtant, quelques jours après le passage des équipes de nettoyage, les déchets réapparaissent. Le problème n’est pas seulement celui des infrastructures ou des moyens : il est avant tout celui des mentalités.
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Une ville propre ne se décrète pas
À chaque saison des pluies, le même scénario se répète. Les caniveaux débordent, les ordures bloquent les voies d’évacuation et les autorités lancent des opérations de nettoyage d’urgence. Les citoyens applaudissent, les médias relaient les images, puis la routine reprend son cours.
Quelques heures suffisent pour voir réapparaître des sachets plastiques, des bouteilles et des déchets ménagers jetés au bord des routes. Comme si l’espace public n’appartient à personne.
Le constat est brutal : nettoyer les rues est indispensable, mais cela ne réglera jamais durablement le problème si les mentalités restent les mêmes. Une ville propre est d’abord le reflet d’une responsabilité collective.
Le défi est culturel avant d’être matériel
Il est facile de pointer du doigt les pouvoirs publics. Certes, les municipalités doivent améliorer la collecte des déchets et renforcer les contrôles. Mais il serait tout aussi injuste d’ignorer la part de responsabilité des citoyens.
Combien de personnes jettent encore leurs détritus par la fenêtre d’un véhicule ? Combien brûlent leurs ordures au milieu des quartiers ? Combien considèrent qu’une fois le seuil de leur concession franchi, la propreté devient l’affaire des autres ?
Le véritable chantier est celui des mentalités. Sans une éducation civique forte, sans une prise de conscience collective, les investissements dans la salubrité risquent de produire des résultats éphémères.
L’exemple de plusieurs villes africaines montre pourtant qu’un changement est possible lorsque les habitants se sentent eux-mêmes gardiens de leur environnement.
Changer les mentalités pour changer la ville
La propreté urbaine ne dépend pas seulement des camions-bennes ou des campagnes de balayage. Elle dépend de notre rapport à l’espace commun. Une rue sale est souvent le miroir d’un civisme en difficulté.
Les écoles, les associations, les familles et les médias ont un rôle essentiel à jouer pour transformer les mentalités. Car le respect de l’environnement s’apprend, tout comme le respect des biens publics.
Les autorités doivent montrer l’exemple en appliquant les règles, mais les citoyens doivent comprendre qu’aucune politique de salubrité ne pourra réussir sans leur engagement quotidien.
Au fond, le défi dépasse la simple question des déchets. Il s’agit de construire une société où chacun considère que la rue, le trottoir ou le marché font aussi partie de son patrimoine.
Nettoyer les rues est une nécessité. Mais pour bâtir des villes durables et agréables à vivre, il faudra surtout changer les mentalités. Car aucune capitale ne peut devenir propre si ses habitants refusent eux-mêmes d’adopter les mentalités qui font les grandes villes.
Martin HIGDE NDOUBA

