Mahamat Idriss Déby Itno face au destin de Dr Succès Masra
Depuis plusieurs mois, Dr Succès Masra, leader emblématique de l’opposition tchadienne, croupit derrière les barreaux, condamné à vingt ans de prison pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre ». Les appels à sa libération se multiplient, mais jusqu’ici, la société tchadienne reste suspendue à un geste de grâce présidentielle de Mahamat Idriss Déby Itno.
Mais au-delà de la libération d’un prisonnier, c’est tout le système judiciaire qui est interrogé : est-il au service du peuple ou du pouvoir ? Une grâce présidentielle ne doit pas remplacer la justice. La crainte de Dieu et l’équité doivent primer sur la simple stratégie politique.
Entre geste politique et responsabilité morale
À l’approche du message de Nouvel An, le président de la République Mahamat Idriss Déby Itno se retrouve face à un choix symbolique. Accorder une grâce pourrait apaiser les tensions et calmer l’opinion, mais à quel prix ? Les Tchadiens attendent des institutions qui fonctionnent selon les règles et la morale, pas selon l’opportunité du moment.
Lire aussi: Les évêques du Tchad appellent à l’amnistie des prisonniers
L’opinion publique n’oublie pas
La société civile, les partis d’opposition et les observateurs internationaux scrutent chaque mouvement. La décision de Mahamat Idriss Déby Itno sera interprétée comme un indicateur du respect des droits et de l’État de droit au Tchad. Une simple clémence ne suffira pas à restaurer la confiance dans un appareil judiciaire jugé trop souvent complice des puissants.
La balle est dans le camp de Mahamat Idriss Déby Itno. Et cette fois, il ne s’agit plus d’un simple geste de clémence : il s’agit de faire la preuve que la justice tchadienne peut se lever, indépendante et respectée, et que le poids de la présidence ne sert pas à éteindre les voix de l’opposition, mais à renforcer l’avenir du pays.
HIGDE NDOUBA Martin