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Kénédougou : l’hévéaculture prouve son potentiel malgré les défis de commercialisation

L’hévéaculture au Burkina Faso est une réalité dans la province du Kénédougou. Depuis 2005, Paul Ouédraogo, professionnel de la filière mangue, expérimente avec succès la culture de l’hévéa dans sa ferme située à Kourinion, à une quinzaine de kilomètres d’Orodara. Si les résultats agronomiques sont jugés concluants, l’écoulement du latex demeure un défi majeur pour le planteur.

Une expérimentation lancée en 2005

L’aventure de l’hévéaculture au Burkina Faso débute en 2005 lorsque Paul Ouédraogo, alors coordonnateur de la Coopérative agricole du Kénédougou (COOPAKE), accepte de mener des essais de plantation d’hévéa avec un partenaire ivoirien.

Sur un hectare intégré à sa bananeraie, Paul Ouédraogo plante 333 pieds d’hévéa, espacés de trois mètres. Les arbres bénéficient de l’irrigation et de la fertilisation destinées aux bananiers, favorisant ainsi leur croissance.

Aujourd’hui âgés de plus de 20 ans, ces arbres constituent une preuve tangible que l’hévéaculture est techniquement possible dans cette zone.

Un latex de qualité mais difficile à écouler

Lorsque la saignée devient possible, le promoteur obtient un latex jugé satisfaisant en termes de qualité et de rendement. Cependant, l’étape de la commercialisation va freiner l’élan de l’hévéaculture dans son exploitation.

Après avoir approché une unité industrielle basée à Bobo-Dioulasso, Paul Ouédraogo se heurte à une exigence technique : le latex doit être criblé avant tout achat. Ne disposant pas du matériel adéquat, il se retrouve dans l’impossibilité d’écouler sa production.

L’option d’exportation vers la Côte d’Ivoire ne l’a pas convaincu, en raison des contraintes logistiques et douanières. Face à ces obstacles, il décide de suspendre les saignées.

Une tentative de production de plants sans succès commercial

Déterminé à promouvoir l’hévéaculture au Burkina Faso, le planteur investit dans la production de pépinières, ramenant des pots spécifiques depuis Abidjan et produisant environ 4 000 plants.

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Satisfaction agronomique et valorisation du bois

Malgré les difficultés commerciales, Paul Ouédraogo se dit satisfait d’avoir démontré la viabilité de l’hévéaculture au Burkina Faso. Outre la production de latex, l’hévéa lui fournit un bois qu’il utilise pour fabriquer des chevrons solides, comparables à ceux de l’iroko. Le bois sert également de combustible très apprécié.

Un potentiel à étudier à grande échelle

Pour le chef de service provincial de l’Économie verte et du changement climatique du Kénédougou, il est possible d’envisager une production à plus grande échelle, à condition d’étudier les caractéristiques des sols.

L’hévéaculture au Burkina Faso pourrait ainsi constituer une diversification agricole intéressante dans certaines zones, sous réserve d’un accompagnement technique et d’un mécanisme structuré de commercialisation.

Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)

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