Burkina : un pasteur condamné pour accusations de sorcellerie
Un pasteur a été condamné par le tribunal de grande instance de Ouaga 1 pour avoir publiquement accusé une fidèle de sorcellerie lors d’une séance de prière à Boassa.
Un procès qui relance le débat sur les dérives religieuses
Le pasteur a été condamné par la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Ouaga 1 le mardi 9 septembre 2025. Les faits remontent à une prière organisée à Boassa par le ministère dont le pasteur est responsable.
Au cours de cette séance, une fidèle est tombée en transe. Saisissant l’occasion, le religieux a déclaré devant toute l’assemblée qu’une vision lui révélait que la dame était une sorcière.
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Ces propos, jugés graves et humiliants, ont poussé la victime à saisir la justice. Dans ses réquisitions, le ministère public a rappelé que les déclarations du pasteur pouvaient exposer la plaignante à des représailles sociales, voire physiques. Le parquet a souligné que la dignité et la sécurité de la victime avaient été directement menacées.
Justice et dignité des victimes au cœur du verdict
Au terme des débats, le parquet a requis 12 mois de prison et 500 000 F CFA d’amende, le tout assorti du sursis. Le tribunal a suivi en partie ces réquisitions, prononçant une peine qui marque un signal fort contre les accusations publiques de sorcellerie.
Cette condamnation du pasteur relance le débat sur les limites du discours religieux au Burkina Faso, surtout lorsqu’il touche à des sujets sensibles comme la sorcellerie.
À travers ce verdict, la justice veut faire comprendre qu’un pasteur ou tout autre leader religieux ne peut se substituer aux autorités judiciaires pour accuser publiquement un citoyen. La décision du tribunal constitue ainsi un rappel à l’ordre et une mise en garde face aux dérives de certains leaders spirituels.
AMINA KABO DJARMAH