Incendie à Diguel : 25 millions brûlés, jusqu’où ira l’imprudence ?
Au marché de Diguel, l’incendie n’a pas seulement détruit des boutiques et des marchandises. Il a aussi révélé une autre fragilité du commerce tchadien : la conservation de sommes importantes en espèces dans des lieux exposés. Avec plus de 300 millions de FCFA de dégâts et 92 boutiques touchées, le sinistre pose une question aussi simple que dérangeante : pourquoi continuer à garder autant d’argent liquide dans une boutique ?
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Quand le feu révèle les mauvaises habitudes
L’incendie qui a ravagé le marché de Diguel laisse derrière lui un lourd bilan matériel. Les premières estimations font état de plus de 300 millions de FCFA de pertes. Au total, 92 boutiques ont été touchées par les flammes, plongeant plusieurs commerçants dans une situation particulièrement difficile.
Mais parmi les pertes, un chiffre attire particulièrement l’attention : 25 millions de FCFA en espèces appartenant à un commerçant seraient partis en fumée.
La compassion est évidemment de mise. Perdre son commerce, ses marchandises et ses économies dans un incendie est une épreuve brutale. Mais cette tragédie invite aussi à poser une question qui dérange : est-il raisonnable de conserver une telle somme en liquide dans une boutique ?
25 millions sous un toit inflammable
Il ne s’agit pas de faire le procès d’un commerçant victime. Il s’agit plutôt de s’interroger sur une pratique encore largement répandue : celle qui consiste à conserver d’importantes sommes d’argent liquide dans les maisons, les magasins ou les boutiques.
L’incendie de Diguel rappelle brutalement que l’argent liquide ne bénéficie d’aucune protection lorsqu’il est conservé dans un local commercial vulnérable. Une fois les flammes déclenchées, billets, documents, marchandises et équipements peuvent disparaître en quelques minutes.
Dans un contexte où les établissements bancaires et les services financiers existent, garder plusieurs millions de francs CFA dans une boutique apparaît donc comme une prise de risque considérable.
Le problème dépasse Diguel
Le véritable enseignement de cet incendie ne devrait pas être uniquement le montant des pertes. Il devrait également porter sur la culture de prévention des risques dans les commerces tchadiens.
Un commerçant doit penser à ses marchandises, mais aussi à la sécurité de son argent. Déposer régulièrement ses recettes en banque, utiliser les moyens de paiement électroniques lorsque cela est possible et éviter de conserver d’importantes sommes sur son lieu de travail sont autant de précautions élémentaires.
Certes, l’accès aux services bancaires n’est pas toujours simple pour tous. Certes, les habitudes, la méfiance ou les contraintes liées aux transactions en espèces peuvent expliquer certaines pratiques. Mais aucune de ces raisons ne transforme une boutique en coffre-fort.
Après les flammes, quelles leçons ?
Chaque incendie de marché devrait être l’occasion d’un examen collectif. Sécurité électrique, présence d’extincteurs, accès des secours, organisation des boutiques, stockage des produits inflammables et protection des recettes : rien ne devrait être laissé au hasard.
Le drame de Diguel doit donc dépasser les simples opérations de nettoyage et de reconstruction. Il doit pousser les autorités, les commerçants et les institutions financières à réfléchir ensemble à la prévention. Car lorsqu’un incendie détruit 92 boutiques et fait disparaître plus de 300 millions de FCFA de biens, ce n’est plus seulement une affaire individuelle. C’est un signal d’alarme pour tout le secteur commercial.
Martin HIGDE NDOUBA

