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Idriss Déby Itno cinq ans après: héritage contesté, démocratie inachevée

Le 19 avril 2021 disparaissait Idriss Déby Itno, figure centrale du Tchad contemporain. Cinq ans après, entre stabilité sécuritaire, promesse démocratique non tenue et transmission du pouvoir, son héritage continue d’alimenter débats et interrogations.

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Une promesse fondatrice vite rattrapée par le pouvoir

Arrivé au pouvoir en 1990, Idriss Déby Itno se présente comme l’homme du renouveau. Sa célèbre déclaration « Je ne vous apporte ni or ni argent, mais la démocratie » cristallise les attentes d’un peuple lassé des crises. Dans ses premières années, des avancées sont perceptibles : multipartisme, ouverture politique, espoir d’un État de droit.

Mais au fil du temps, la longévité du régime érode cet élan initial. Les révisions constitutionnelles, les élections contestées et le contrôle accru de l’appareil d’État finissent par installer un système où la démocratie semble encadrée, voire limitée. Idriss Déby Itno devient alors le symbole d’un pouvoir fort, garant de la stabilité, mais peu enclin à l’alternance.

Sur le plan régional, le bilan de Idriss Déby Itno reste largement salué. Le Tchad s’impose comme un pilier dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. L’armée tchadienne intervient au Mali, au Niger et dans le bassin du lac Tchad, consolidant l’image d’un État stratégiquement incontournable.

Ce positionnement renforce son aura panafricaniste et sa stature internationale. Toutefois, cette priorité accordée à la sécurité s’accompagne d’un ralentissement des réformes institutionnelles. La gouvernance démocratique, pourtant annoncée comme fondement de son action, reste inachevée. Idriss Déby Itno aura ainsi privilégié l’ordre et la sécurité, parfois au détriment des libertés politiques.

Une succession qui ravive les interrogations

La mort d’Idriss Déby Itno en avril 2021 ouvre une transition marquée par l’arrivée au pouvoir de son fils, Mahamat Idriss Déby. Cette transmission, rapide et militaire, suscite de nombreuses critiques, certains y voyant une continuité dynastique incompatible avec les principes démocratiques.

Cinq ans plus tard, cette succession reste un point de tension majeur. Elle interroge sur la solidité des institutions et sur la capacité du Tchad à construire une démocratie véritablement inclusive. La question qui demeure sans réponse : quelle démocratie pour le Tchad ?

Un héritage entre puissance et ambiguïtés

Aujourd’hui, Idriss Déby Itno laisse une empreinte contrastée. Artisan de la stabilité dans un environnement instable, il a aussi incarné les limites d’un système politique concentré. Son nom reste associé à une époque, à une vision, mais aussi à une promesse inachevée.

Cinq ans après, le Tchad continue de naviguer entre héritage et renouveau. Et dans cette trajectoire, la figure d’Idriss Déby Itno demeure incontournable, à la fois repère historique et sujet de débat.

Martin HIGDE NDOUBA

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