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Foncier : l’État renforce la sécurisation et intensifie la lutte contre la spéculation

Le Foncier s’impose parmi les priorités gouvernementales. Lors de son exposé sur la situation nationale, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté les avancées majeures enregistrées dans la réforme agraire et foncière, tout en dévoilant les ambitions de l’exécutif pour 2026, notamment en matière de sécurisation des terres et de lutte contre la spéculation.

Une réforme structurante pour la gouvernance des terres

 Dans un contexte marqué par de fortes attentes des populations et par la nécessité de mieux encadrer l’utilisation des ressources nationales, le Chef du Gouvernement a insisté sur l’importance stratégique de la loi portant réorganisation agraire et foncière. Ce texte, récemment adopté, constitue selon lui un tournant majeur dans la gestion du patrimoine national.

Il consacre la propriété pleine et entière de l’État sur le domaine foncier national et pose les bases d’une organisation plus cohérente, transparente et équitable de l’accès à la terre. L’objectif affiché est clair : mettre fin aux pratiques anarchiques, réduire les conflits liés à la terre et garantir que les espaces disponibles servent réellement au développement économique et social du pays.

Le Premier ministre a rappelé que cette réforme s’inscrit dans une vision globale de modernisation de l’administration territoriale, de sécurisation des investissements et de restauration de la confiance entre l’État et les citoyens. À travers ce cadre juridique renouvelé, les autorités entendent instaurer des règles plus strictes et mieux adaptées aux réalités actuelles.

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 Des résultats déjà visibles sur le terrain

 

Sur le plan opérationnel, les actions engagées ont commencé à produire des résultats concrets. La sécurisation des terres et la modernisation du cadastre figurent parmi les chantiers prioritaires. Plus de 186 000 références cadastrales ont ainsi été numérisées, renforçant considérablement la fiabilité et l’accessibilité des données relatives au Foncier.

Cette avancée technologique permet de limiter les doublons, de réduire les risques de falsification de documents et d’accélérer le traitement des dossiers. Dans le même temps, plus de 1 500 parcelles ont été évaluées, tandis que les plans de 13 localités ont été géo référencés, offrant une cartographie plus précise des espaces urbains et ruraux.

L’immatriculation de 245 terrains appartenant à l’État constitue également une étape importante vers une meilleure maîtrise du patrimoine public. Ces opérations traduisent la volonté des autorités de disposer d’une base de données fiable et actualisée, indispensable pour une gestion rationnelle du Foncier et pour la planification des projets structurants.

 Cap sur 2026 : sécurisation et modernisation accrues

 Pour l’année 2026, le gouvernement ambitionne d’aller encore plus loin. Le Premier ministre a annoncé que la sécurisation des pôles de croissance économique sera renforcée. Ces zones, destinées à accueillir des projets industriels, agricoles ou commerciaux d’envergure, devront bénéficier d’un cadre clair et sécurisé afin d’attirer les investisseurs et de créer des emplois durables.

Dans cette perspective, la conception et le déploiement d’un système d’information moderne dédié au Foncier figurent parmi les priorités. Cet outil numérique permettra d’améliorer la transparence, la traçabilité des opérations et l’efficacité administrative, tout en facilitant l’accès à l’information pour les usagers.

Les autorités espèrent ainsi réduire considérablement les délais de traitement des dossiers, renforcer la coordination entre les différents services et offrir aux citoyens une meilleure lisibilité des procédures liées à l’attribution et à la gestion des terres.

 Lutte contre la spéculation et contrôle des terrains

Au-delà de la sécurisation juridique et technique, l’exécutif veut également s’attaquer aux pratiques spéculatives qui freinent le développement urbain et rural. La sécurisation annoncée de 300 terrains appartenant à l’État et à ses démembrements s’inscrit dans cette logique de protection du patrimoine public.

Parallèlement, l’opération de contrôle de la mise en valeur des parcelles se poursuivra de façon rigoureuse. Les terrains non exploités dans les délais réglementaires feront l’objet d’une taxe additionnelle, une mesure destinée à décourager la rétention abusive et la spéculation autour du Foncier.

Selon le Premier ministre, cette politique vise à garantir que les terres disponibles soient effectivement utilisées pour des projets productifs, au bénéfice des communautés locales et de l’économie nationale.

 Une vision à long terme pour le développement

 En conclusion de son exposé, Jean Emmanuel Ouédraogo a souligné que la réforme agraire et foncière constitue l’un des piliers de la transformation structurelle du pays. La maîtrise du Foncier, combinée à la modernisation des outils de gestion et à une politique ferme contre la spéculation, doit permettre de soutenir l’urbanisation maîtrisée, le développement agricole et l’implantation d’infrastructures stratégiques.

Le gouvernement se veut rassurant : les efforts engagés se poursuivront avec détermination afin de bâtir un cadre plus équitable, plus sécurisé et propice à la croissance. Pour les autorités, il s’agit d’un chantier de longue haleine, mais indispensable pour assurer une gestion durable des terres et répondre aux aspirations des populations en matière de justice sociale et de développement économique.

 

Pingd-Manegda Laure Christianne KABORE (stagiaire)

 

 

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