Des koglweogo condamnés : un « tribunal parallèle » finit devant la justice
Des koglweogo ont été condamnés par le Tribunal de grande instance de Ouaga I pour avoir séquestré, violenté et humilié un homme accusé à tort du vol d’un porc. Le verdict est tombé le mercredi 22 juillet 2026, lors d’une audience foraine à Pabré.
Ligotent, filment et réclament 145 000 FCFA
L’affaire remonte à septembre 2025. Jules Y. avait capturé un porc qui s’était introduit dans son maquis et avait endommagé ses décorations. Après trois jours sans retrouver son propriétaire, il avait confié l’animal à un boucher pour qu’il soit abattu ou vendu.
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Quelques jours plus tard, les koglweogo, à l’initiative de S. Noaga, l’ont convoqué. Jules affirme avoir été ligoté et violenté avant d’être filmé. Pour retrouver sa liberté, il aurait été contraint de verser 145 000 FCFA. La vidéo de la scène avait ensuite circulé sur les réseaux sociaux.
À la barre, les koglweogo ont reconnu leur participation à l’interpellation ou au tournage de la vidéo, tout en contestant les violences. Certains ont toutefois admis que leur groupe n’avait ni le droit d’infliger des peines ni celui d’exiger un remboursement.
Des koglweogo lourdement sanctionnés
Le procureur a dénoncé la transformation du siège des koglweogo en véritable « tribunal parallèle » et requis 60 mois de prison ferme contre S. Noaga, présenté comme le propriétaire du porc.
Le tribunal a finalement condamné S. Noaga à 60 mois de prison ferme, 1 million de FCFA d’amende et a décerné un mandat de dépôt à son encontre. Les autres prévenus, D. Abdoulaye 1, D. Abdoulaye 2, O. Alidou, G. Yacouba et Z. Adama, ont écopé de peines allant jusqu’à 60 mois de prison avec sursis, assorties chacune d’une amende d’un million de FCFA.
Ils sont également interdits, pendant trois ans, de participer à toute activité associative liée à la sécurité ou à l’autodéfense.
Sur le plan civil, le tribunal a déclaré recevable la constitution de partie civile de Jules Y. et condamné solidairement les prévenus à lui verser 5 millions de FCFA en réparation de son préjudice moral.
Cette décision rappelle une règle essentielle : nul groupe, aussi organisé soit-il, ne peut se substituer à la justice et infliger lui-même des sanctions.
AMINA KABO DJARMAH
Source/Justice Infos Burkina
