AES : la coopération sanitaire se renforce autour de trois priorités
La coopération sanitaire AES franchit une nouvelle étape avec l’élaboration de trois livrables consacrés à la surveillance des maladies, à la réglementation pharmaceutique et à l’achat groupé de médicaments. Réunis du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, des experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont travaillé à renforcer la coordination sanitaire entre les trois pays, avec une échéance fixée à novembre 2026.
La coopération sanitaire AES autour de trois chantiers prioritaires
La coopération sanitaire s’articule désormais autour de trois axes majeurs : la surveillance épidémiologique, la réglementation pharmaceutique et l’approvisionnement groupé en médicaments.
Durant quatre jours, les experts des trois pays ont examiné les dispositifs existants afin d’identifier les complémentarités, de réduire les divergences et de proposer des mécanismes communs.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par des défis sanitaires et humanitaires qui dépassent les frontières nationales. Pour les responsables du secteur, une meilleure coordination entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger doit permettre d’apporter des réponses plus efficaces aux crises sanitaires.

L’achat groupé de médicaments au cœur des discussions
L’un des principaux enjeux de la coopération sanitaire AES concerne l’accès aux médicaments.
Le ministre burkinabè de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a insisté sur la nécessité pour les trois États de mutualiser leurs efforts afin de réduire les difficultés d’approvisionnement et les pénuries récurrentes.
Les experts ont ainsi travaillé sur les bases juridiques et organisationnelles nécessaires à la mise en place d’une véritable politique commune d’achat de médicaments, notamment les mécanismes de paiement et de gouvernance.
Renforcer la surveillance des maladies
La surveillance épidémiologique constitue le deuxième pilier de cette coopération sanitaire.
Selon le directeur général de la santé publique du Burkina Faso, Joseph Soubeiga, les trois pays disposent déjà de mécanismes nationaux de surveillance des maladies. Toutefois, le niveau d’opérationnalité des équipes d’intervention rapide reste différent d’un État à l’autre.
Les travaux ont donc permis de réaliser une cartographie des dispositifs existants afin d’identifier les synergies possibles et de renforcer les capacités communes de réponse face aux épidémies.

Vers une réglementation pharmaceutique commune
La réglementation pharmaceutique figure également parmi les priorités de la coopération sanitaire AES.
Les experts ont relevé des différences entre les trois pays concernant notamment les cadres réglementaires et les statuts juridiques des centrales d’achat.
L’objectif est donc de rapprocher progressivement les dispositifs afin de renforcer le contrôle de la qualité des médicaments et de mieux sécuriser leur approvisionnement dans l’espace AES.
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L’AES veut renforcer sa souveraineté sanitaire
Pour la ministre malienne de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, cette dynamique traduit la volonté des trois États de construire une architecture sanitaire solidaire.
Elle estime que la santé constitue un pilier essentiel de la souveraineté nationale et du développement socio-économique du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
À travers la coopération sanitaire, les trois pays veulent ainsi passer d’initiatives nationales séparées à des mécanismes communautaires capables d’anticiper les crises et de répondre collectivement aux besoins des populations.
Les travaux de Ouagadougou devraient déboucher sur la finalisation des différents livrables d’ici novembre 2026, conformément aux engagements pris par les responsables des trois pays.

Yiwènè Angelina MPO
Source : Les Editions Sidwaya