Actualités

Qui se cache derrière ces enfants en tenue militaire ?

À Iriba, sept mineurs ont été arrêtés après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo controversée. Au-delà de leur interpellation, cette affaire soulève une question plus préoccupante : qui a placé ces enfants au cœur d’une mise en scène militaire, et dans quel objectif ?

Des enfants au cœur d’une polémique

Sept jeunes mineurs ont été arrêtés samedi à Iriba, dans la province du Wadi-Fira, après la diffusion d’une vidéo controversée sur les réseaux sociaux, selon des sources citées par Alwihda Info. Les images, montrant des enfants en tenue militaire, ont rapidement suscité des réactions et interrogations.

L’arrestation des enfants constitue désormais le premier volet de cette affaire. Mais elle ne devrait pas en être le dernier. Car derrière ces jeunes se pose une question essentielle : qui les a équipés, encadrés ou poussés à participer à cette vidéo ? Ont-ils agi de leur propre initiative ou ont-ils été utilisés par des adultes ?

A Lire aussi/Six ans de colonie gratuite : zéro soutien public, quel paradoxe ?

Ces questions méritent des réponses précises, fondées sur une enquête et non sur les seules images diffusées sur les réseaux sociaux.

Quand la colère cherche des visages

Dans un contexte où les frustrations sociales et politiques peuvent trouver une caisse de résonance immédiate sur Internet, les enfants deviennent parfois les instruments involontaires de messages qu’ils ne maîtrisent pas.

La contestation de la mauvaise gouvernance, lorsqu’elle existe, peut prendre de nombreuses formes. Mais elle ne devrait pas se construire en exposant des enfants à des symboles, à des mises en scène ou à des situations susceptibles de leur attirer des ennuis judiciaires ou sécuritaires.

Un enfant n’est pas un outil de communication. Il n’est pas non plus un bouclier derrière lequel des adultes peuvent dissimuler leurs intentions.

Les adultes doivent répondre

L’affaire d’Iriba devrait donc dépasser la seule question de l’arrestation. Si ces enfants ont été manipulés, il appartient aux enquêteurs de déterminer par qui et dans quelles circonstances. S’ils ont agi seuls, les faits devront également être établis avec la même rigueur.

La responsabilité des adultes qui auraient éventuellement organisé, financé ou encouragé une telle initiative ne saurait être éclipsée par la présence des mineurs devant les autorités.

La viralité d’une vidéo ne doit pas remplacer l’enquête. Et l’émotion suscitée par des enfants en uniforme ne doit pas conduire à tirer des conclusions avant que les faits ne soient établis.

À Iriba, l’enjeu est donc double : protéger les mineurs concernés et comprendre ce qui s’est réellement passé. Car lorsqu’un enfant apparaît soudainement au centre d’une controverse politique ou sécuritaire, la question n’est pas seulement de savoir ce qu’il a fait. Elle est aussi de savoir qui lui a demandé de le faire, pourquoi et dans quel but.

Martin HIGDE NDOUBA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page