N’Djamena: 30 ans et toujours sous le toit familial
Dans la capitale tchadienne, une génération d’adultes tarde à prendre son envol. À N’Djamena, rester sous le toit familial après 30 ans n’est plus l’exception, mais une norme préoccupante qui fragilise les familles et freine l’autonomie des jeunes.
À N’Djamena, ils sont nombreux à dépasser la trentaine sans jamais avoir quitté la maison familiale. Nourris, logés, parfois entretenus, ces jeunes adultes demeurent dépendants de parents vieillissants, alors même que la tradition veut qu’ils deviennent les piliers de la grande famille. Cette cohabitation prolongée interroge sur la capacité de la jeunesse à s’assumer.
Quand la solidarité devient un fardeau
À N’Djamena, la solidarité familiale, valeur cardinale de la société, se transforme peu à peu en un poids économique. Les parents, disposant souvent de revenus limités, sacrifient leurs dernières forces pour subvenir aux besoins d’enfants devenus adultes. Une situation qui épuise les foyers et accentue la précarité intergénérationnelle.
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Comme le rappelle un adage chinois bien connu : « Ne lui donnez pas de poisson, apprenez-lui à pêcher. » À N’Djamena, ce principe devrait guider l’éducation familiale. Encourager l’apprentissage d’un métier, imposer des responsabilités et fixer des échéances claires sont autant de leviers pour sortir les jeunes de la dépendance chronique.
Les parents portent une part de responsabilité dans cette situation. Par excès de protection ou par peur du jugement social, beaucoup retardent volontairement l’émancipation de leurs enfants. Pourtant, aimer, c’est aussi savoir dire non et préparer ses progénitures à affronter la réalité.
Un enjeu social majeur
À N’Djamena, l’autonomie des jeunes est un enjeu de survie sociale. Une jeunesse indépendante, capable de subvenir à ses besoins, renforce les familles, allège les charges et dynamise l’économie locale. Refuser cette transition, c’est condamner plusieurs générations à la précarité.
Il est temps de rompre avec l’assistanat, rester éternellement sous le toit familial ne peut plus être une fatalité à N’Djamena. Il est urgent de briser cette culture de l’assistanat et d’ouvrir la voie à une jeunesse responsable, autonome et actrice de son avenir. L’indépendance n’est pas une rupture, c’est un passage nécessaire vers la maturité.
Martin HIGDE NDOUBA
