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26 mois d’impayés: où est passée la promesse de refonder l’école tchadienne ?

Vingt-six mois de salaires impayés, des promesses d’intégration restées sans effet et une précarité qui s’enracine. En organisant un sit-in devant le ministère des Finances, les enseignants communautaires et contractuels ont rappelé une réalité embarrassante : la réforme de l’école tchadienne peine à convaincre ceux qui la font vivre au quotidien. Au-delà des revendications salariales, leur mobilisation pose une question plus profonde : peut-on reconstruire un système éducatif sans restaurer la confiance de ses enseignants ?

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Quand les promesses se heurtent à la réalité

Le sit-in organisé le 5 août 2026 par le Syndicat national des enseignants communautaires et contractuels du Tchad (SNECCT) n’est pas un simple mouvement corporatiste. Il traduit un malaise ancien qui traverse l’école tchadienne depuis plusieurs années.

Face au ministère des Finances, les manifestants ont dénoncé une situation devenue intenable : 26 mois d’arriérés de salaires, des conditions de travail précaires et une intégration à la fonction publique qui tarde à se concrétiser malgré les annonces répétées des autorités.

Leur slogan, inscrit en lettres capitales sur une banderole « Où est donc la refondation de l’école tchadienne ? » résume le sentiment d’abandon qui anime ces enseignants. Derrière cette interrogation se cache une critique plus large des réformes engagées dans le secteur éducatif.

Une réforme qui peine à convaincre

Depuis plusieurs années, les autorités affichent leur volonté de moderniser l’école tchadienne, d’améliorer la qualité des enseignements et de renforcer la gouvernance du système éducatif. Ces ambitions s’inscrivent dans la politique de refondation portée par le gouvernement.

Mais sur le terrain, les enseignants communautaires et contractuels estiment être les grands oubliés de cette transformation. Beaucoup continuent d’assurer les cours dans des établissements confrontés au manque d’enseignants titulaires, tout en vivant dans une insécurité financière chronique.

Cette contradiction nourrit une frustration grandissante. Comment parler de refondation lorsque ceux qui transmettent le savoir peinent eux-mêmes à vivre de leur métier ?

École tchadienne face au défi de la crédibilité

Au-delà des 26 mois d’arriérés, cette mobilisation renvoie à une question essentielle : l’avenir de l’école tchadienne dépend autant des infrastructures que des femmes et des hommes qui la font fonctionner chaque jour.

Les enseignants réclament certes le paiement de leurs salaires, mais aussi une reconnaissance institutionnelle et professionnelle. Leur intégration dans la fonction publique est perçue comme une condition indispensable pour stabiliser le système éducatif et améliorer la qualité de l’enseignement.

À l’heure où le Tchad affirme vouloir investir dans son capital humain, le dossier des enseignants communautaires constitue un test de crédibilité. Une réforme éducative ne peut produire des résultats durables si ceux qui la mettent en œuvre restent dans l’incertitude.

L’école tchadienne ne se reconstruira ni par les discours ni par les slogans. Elle retrouvera sa crédibilité lorsque les engagements pris envers les enseignants se traduiront en actes concrets. Car derrière chaque mois d’arriéré se cache une salle de classe fragilisée, des élèves privés de sérénité et un avenir collectif qui attend toujours d’être pleinement refondé.

Martin HIGDE NDOUBA

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