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Tchad: chômage des jeunes, miroir d’un système éducatif en crise

Chaque année, des milliers de jeunes sortent des universités, pleins d’espoir, pour se heurter à une réalité brutale : le chômage. Derrière cette crise persistante se cache un mal plus profond: un système de formation déconnecté, qui continue de produire des profils sans débouchés, au détriment d’une jeunesse en quête d’avenir.

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Une fabrique à diplômés sans avenir

Il faut avoir le courage de le dire : le système éducatif produit aujourd’hui plus d’illusions que d’opportunités. À quoi sert de multiplier les diplômes si ceux-ci mènent directement au chômage ? Cette question dérange, mais elle est centrale. Car derrière chaque jeune sans emploi, il y a un parcours, un espoir, puis une désillusion.

Le problème n’est pas l’absence d’intelligence ou de volonté chez les étudiants. Il réside dans un choix politique et académique : celui de maintenir des filières déconnectées des réalités économiques. Résultat, le chômage devient non pas une fatalité, mais une conséquence logique d’un système mal orienté.

Le tabou des filières “inutiles”

Le mot est brutal, mais il reflète une réalité que beaucoup refusent d’affronter. Certaines filières, en l’état actuel des économies locales, n’offrent que très peu de débouchés. Continuer à y orienter massivement les étudiants, c’est entretenir un mensonge collectif qui alimente le chômage.

Pendant ce temps, les secteurs porteurs numérique, industrie, ingénierie restent en manque de compétences. Cette contradiction est insoutenable. Elle traduit une incapacité à anticiper les besoins et à adapter les formations. Le chômage devient alors le symptôme d’un immobilisme dangereux.

Le drame est humain avant d’être économique. Une jeunesse formée mais sans perspectives est une jeunesse frustrée, vulnérable, parfois tentée par l’exil ou le découragement. Le chômage ne se limite pas à une statistique : il fragilise le tissu social et compromet l’avenir.

Ce gâchis n’est pas une fatalité. Il est le résultat de décisions ou d’absences de décisions. Refuser de réformer, c’est accepter que le chômage continue de ronger une génération entière.

Rompre avec l’hypocrisie, agir enfin

Il est temps de sortir des discours convenus. La réforme des filières ne doit plus être un sujet secondaire. Elle est au cœur de toute stratégie de développement. Revaloriser les formations techniques, investir dans le numérique, orienter intelligemment les étudiants : voilà des leviers concrets pour réduire le chômage.

Mais cela exige du courage politique. Car réformer, c’est aussi remettre en question des habitudes, des intérêts, parfois des conforts institutionnels. Pourtant, ne rien faire coûte bien plus cher : celui d’un chômage chronique et d’un avenir compromis.

Martin HIGDE NDOUBA

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