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Ordre mondial : l’Afrique, observateur averti

Le fracas des armes au Moyen-Orient, les démonstrations de force et les menaces croisées entre Washington et Téhéran rappellent une vérité brutale : l’ordre mondial vacille. Sous l’impulsion d’une diplomatie musclée incarnée par Donald Trump, les États-Unis semblent assumer un rapport de force décomplexé. Le droit international recule, la puissance militaire reprend le devant de la scène.

Face à ce basculement, l’Afrique observe. Mais peut-elle encore se contenter d’observer ?

La fin des illusions multilatérales

L’architecture internationale bâtie autour de l’Organisation des Nations unies promettait un monde régulé par des règles communes. Or, l’ordre mondial qui se dessine aujourd’hui ressemble davantage à une arène où les grandes puissances imposent leurs intérêts.

Les discours sur la souveraineté et le respect du droit peinent à masquer la réalité : la logique de puissance domine. Ce retour à une forme d’« état de nature » fragilise les pays les plus dépendants des équilibres internationaux et l’Afrique en fait partie.

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L’Afrique, victime silencieuse des crises globales

Chaque flambée géopolitique a des répercussions immédiates sur les économies africaines : inflation importée, hausse des coûts énergétiques, insécurité alimentaire. Un ordre mondial instable signifie pour le continent plus de vulnérabilité et moins de prévisibilité.

Pourtant, les réactions africaines demeurent dispersées. L’Union africaine appelle à la paix, mais peine à transformer ses déclarations en stratégie commune. Cette fragmentation affaiblit la voix du continent dans les forums internationaux.

Sortir de la posture d’observateur

L’ordre mondial ne se redéfinit pas sans conséquences pour ceux qui restent en marge. Observer, commenter, subir : cette posture n’est plus tenable. L’Afrique dispose d’un poids démographique, diplomatique et économique capable d’influencer les équilibres globaux.

Mais cela suppose un choix politique courageux : parler d’une seule voix, défendre ses intérêts communs et refuser d’être l’arrière-cour des rivalités des grandes puissances.

Dans la tempête actuelle, l’Afrique peut demeurer spectatrice ou décider d’écrire sa propre place dans le nouvel ordre mondial.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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