Nucléaire africain : Faure Essozimna Gnassingbé appelle à faire de l’Afrique un acteur de la nouvelle économie nucléaire
Faure Essozimna Gnassingbé, le Président du Conseil de la République togolaise, appelle l’Afrique à prendre toute sa place dans la nouvelle dynamique mondiale du nucléaire. À l’occasion du World Nuclear Symposium de Londres, le dirigeant togolais plaide pour un continent capable de dépasser son rôle de fournisseur de matières premières et de développer ses propres compétences, technologies et capacités de financement.
Le nucléaire fait son retour au centre des stratégies énergétiques mondiales
Face aux enjeux climatiques, à la montée des besoins industriels et à la recherche d’une plus grande souveraineté énergétique, plusieurs pays relancent ou renforcent leurs programmes nucléaires.
Pour Faure Essozimna Gnassingbé, l’Afrique doit profiter de cette nouvelle dynamique pour devenir un véritable acteur de l’économie nucléaire mondiale.
Ne plus seulement fournir les matières premières
Le continent africain reste riche en ressources naturelles, mais une grande partie de leur transformation continue de se faire en dehors de l’Afrique.
Pour le Président du Conseil de la République togolaise, l’uranium ne doit pas reproduire ce modèle.
« L’Afrique ne veut plus seulement exporter l’atome et importer l’électron », défend Faure Essozimna Gnassingbé.
Il estime que les pays africains doivent progressivement développer leurs compétences dans les domaines de l’ingénierie, de la réglementation, de la formation et du financement nucléaire.
Lorsque les choix nationaux et les conditions de sûreté le permettent, ils doivent également pouvoir produire eux-mêmes de l’électricité nucléaire.
Le nucléaire ne doit cependant pas s’opposer aux autres sources d’énergie.
L’Afrique a besoin d’un système diversifié associant notamment le solaire, l’hydroélectricité, le stockage, les interconnexions régionales et, selon les besoins des pays, le nucléaire.
Le défi de l’énergie et de l’intelligence artificielle
Pour le président Faure Essozimna Gnassingbé, la question énergétique devient encore plus stratégique avec le développement de l’intelligence artificielle.
Les data centers et les nouvelles infrastructures numériques nécessitent d’importantes quantités d’électricité stable et continue.
Selon lui, l’Afrique risque de faire face à un retard technologique si elle ne parvient pas à développer suffisamment ses capacités de production électrique.
« La souveraineté numérique dépend désormais de la souveraineté électrique », souligne le dirigeant togolais.
Mais le principal défi du nucléaire africain reste le financement.
Les technologies existent et les besoins en énergie augmentent, mais le coût élevé du capital et les risques perçus par les investisseurs rendent de nombreux projets difficiles à concrétiser.
Pour Faure Essozimna Gnassingbé, un projet nucléaire ne devient réel que lorsqu’il devient finançable.
L’Afrique doit donc renforcer ses cadres réglementaires, former ses compétences et créer des conditions capables d’attirer les investisseurs.
Le Togo veut construire la confiance
Le Togo a choisi de privilégier la construction d’un environnement institutionnel crédible avant toute décision concernant la construction d’une centrale nucléaire.
« Nous ne commençons pas par le béton. Nous commençons par la crédibilité », affirme Faure Essozimna Gnassingbé.
Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2012, le Togo a été élu au Conseil des gouverneurs de l’organisation pour la période 2025-2027.
Le pays a également créé son Commissariat à l’énergie atomique en janvier 2025 et poursuit le renforcement de son cadre juridique et institutionnel.
En février 2026, le Togo a signé avec l’AIEA un nouveau cadre de programmation couvrant la période 2026-2031, notamment dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, des sciences et de l’énergie.
Pour Faure Essozimna Gnassingbé, le premier actif nucléaire d’un pays n’est pas un réacteur, mais la confiance dans ses institutions, ses lois, ses régulateurs et ses compétences.
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Lomé 2027 pour passer à l’exécution
Le dirigeant togolais appelle également les pays africains à renforcer leur coopération dans le domaine nucléaire.
Il estime que le continent gagnerait à mutualiser certaines expertises, à développer des programmes communs de formation et à renforcer sa capacité de négociation.
Après Kigali et Londres, le Togo accueillera à Lomé, du 1er au 3 juin 2027, le prochain Nuclear Energy Innovation Summit for Africa.
Pour Faure Essozimna Gnassingbé, l’objectif est de passer « de l’ambition à l’exécution ».
Lomé 2027 devra permettre d’aller au-delà des discussions pour favoriser l’émergence de projets concrets, avec des technologies évaluées, des financements structurés et des partenariats industriels.
L’Afrique, estime-t-il, ne doit pas être contrainte de choisir un bloc géopolitique dans le développement de son secteur nucléaire.
Elle doit plutôt être capable de choisir entre plusieurs partenaires en fonction de critères tels que la sûreté, le coût, le financement, la formation et le transfert de compétences.
Pour le chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé, l’enjeu est désormais de transformer le retour mondial du nucléaire en une véritable opportunité de développement industriel et technologique pour l’Afrique.
Source : Tribune de Faure Essozimna Gnassingbé au World Nuclear Symposium de Londres, septembre 2026.