Niger : le CCR dénonce la position de l’Union européenne sur la libération de l’ex-président Mohamed Bazoum
Le CCR (Conseil Consultatif de la Refondation) du Niger a exprimé, le mardi 17 mars 2026, une ferme désapprobation face à la résolution du Parlement européen, jugée sélective et partiale, dénonçant une lecture orientée des réalités nationales et une intrusion dans les affaires souveraines du pays.
Une déclaration tranchante face à une lecture jugée biaisée
Le CCR a rendu publique une déclaration au ton ferme, portée par son rapporteur général Abdou Moustapha, en présence du président de l’institution Mamoudou Djingarey et des membres du bureau.
Selon lui, cette résolution « ne surprend guère », tant elle s’inscrit dans une continuité de postures déjà observées. L’institution y voit une volonté persistante de certaines puissances de maintenir une influence stratégique sur les États africains, notamment ceux du Sahel, au mépris de leur souveraineté.
Dans une formulation incisive, le CCR déplore le caractère « sélectif et partial » de cette position, soulignant qu’au même moment, d’autres crises majeures agitent le monde sans susciter une mobilisation similaire. Cette asymétrie d’attention est perçue comme révélatrice d’une diplomatie à géométrie variable.
Le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) estime que cette démarche traduit une tentative délibérée d’immixtion dans les affaires intérieures du Niger, poursuivant des objectifs inavoués et s’inscrivant dans une logique éloignée des principes d’équilibre international.
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Une défense affirmée de la souveraineté nationale
Le CCR considère que cet acharnement trouve sa source dans des perceptions extérieures liées à l’ancien président Mohamed Bazoum, présenté comme un allié privilégié au détriment de la nation nigérienne. Une posture que l’institution qualifie d’hypothétique, d’illusoire et de profondément déconnectée des réalités actuelles.
Dans une condamnation sans détour, le CCR juge cette résolution comme une ingérence inadmissible dans une affaire relevant exclusivement de la souveraineté judiciaire et nationale. Il estime qu’une telle démarche viole les principes fondamentaux du respect des États ainsi que les règles élémentaires de la diplomatie parlementaire.

Il rejette catégoriquement cette résolution, tant sur le fond que sur la forme, affirmant que ni menaces ni intimidations ne sauraient infléchir la trajectoire du peuple nigérien dans sa quête de souveraineté pleine et assumée.
Le CCR appelle les parlementaires européens à faire preuve de responsabilité et de discernement, les invitant à se concentrer sur leurs propres priorités. Il rappelle que depuis le 26 juillet 2023, le Niger a engagé un tournant historique irréversible, consolidé par les assises nationales de février 2025, et réaffirme son soutien total aux autorités nationales tout en appelant à une mobilisation continue des forces vives.
Bibata NAON (Stagiaire)