Keda Ballah face au défi de nourrir une population sous pression
À Koudou, dans la sous-préfecture de Djarmaya, le ministre de la Production et de l’Industrialisation agricole, Keda Ballah, a célébré, le 16 octobre 2026, la Journée mondiale de l’alimentation aux côtés de la FAO. Sous le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », la cérémonie rappelle une urgence nationale : transformer le potentiel agricole du Tchad en une alimentation accessible à tous.
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À Koudou, l’innovation agricole au cœur des discours
Le 16 octobre, la localité de Koudou, dans le département de Haraze Al Biar, province du Hadjer-Lamis, a accueilli la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation. Organisée par le ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la cérémonie s’est déroulée sous la houlette de Keda Ballah.
La sous-préfète de Djarmaya, Khadidja Moussa Rozi, et le représentant de la FAO au Tchad, Aristide Ongone Obame, ont également pris part à cette rencontre placée sous le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ».
Pour Keda Ballah et ses partenaires, l’enjeu est de promouvoir des pratiques agricoles capables de répondre aux défis climatiques, d’améliorer les rendements et de renforcer les capacités des producteurs. Mais derrière les discours et les cérémonies, une question demeure : comment faire en sorte que les progrès agricoles se traduisent concrètement dans les assiettes des ménages tchadiens ?
Plus de trois millions de personnes menacées par la faim
Les chiffres donnent la mesure du défi. Selon les dernières analyses du Cadre harmonisé relayées par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), environ 3,18 millions de personnes au Tchad devraient connaître une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure de juin à août 2026. Parmi elles, près de 241 000 sont confrontées à une situation d’urgence alimentaire. Ces estimations concernent la période de soudure, lorsque les stocks des ménages s’épuisent avant les nouvelles récoltes.
Les difficultés sont multiples : pauvreté persistante, perturbations climatiques, déplacements de populations et accès limité aux ressources productives. Les inondations et les sécheresses fragilisent les récoltes, tandis que les conflits et les déplacements réduisent les possibilités de cultiver certaines terres.
Dans ce contexte, Keda Ballah est confronté à un défi qui dépasse la seule augmentation de la production. Il s’agit aussi de garantir aux agriculteurs des semences de qualité, des équipements adaptés, un accès à l’eau, des débouchés commerciaux et des moyens de conservation des récoltes.
Des promesses à traduire dans les champs
L’innovation agricole ne se limite pas à l’introduction de nouvelles machines ou de techniques modernes. Elle suppose également de soutenir les savoir-faire locaux, de développer l’irrigation, d’améliorer le stockage et de faciliter l’accès au financement pour les petits producteurs.
Pour Keda Ballah, la célébration de Koudou peut ainsi servir de point de départ à une mobilisation plus concrète. Les agriculteurs ont besoin d’un accompagnement régulier, de formations pratiques et de solutions adaptées aux réalités de chaque province. Les femmes rurales, particulièrement présentes dans les activités de production et de transformation, doivent également bénéficier de ces investissements.
La question de l’alimentation est enfin une question de pouvoir d’achat. Produire davantage ne suffit pas si les familles ne peuvent pas acheter les denrées disponibles sur les marchés. La sécurité alimentaire exige donc une action coordonnée entre production agricole, transport, stockage et politiques sociales.
Nourrir demain se prépare aujourd’hui
En célébrant cette journée, Keda Ballah et la FAO ont remis l’innovation au centre des discussions sur l’avenir agricole du Tchad. Mais l’urgence impose désormais des résultats mesurables : des rendements améliorés, des pertes après récolte réduites et un accès plus régulier à une nourriture suffisante et nutritive.
Face aux millions de personnes exposées à la faim, la Journée mondiale de l’alimentation ne peut rester un rendez-vous symbolique. Elle doit contribuer à transformer les engagements en actions durables. Car nourrir demain commence par la capacité de chaque famille à se nourrir aujourd’hui.
Martin HIGDE NDOUBA

