Mendicité à Niamey : Rabi Abdoulaye incarne la lutte pour survivre dans les rues
Rabi Abdoulaye, femme malvoyante de 64 ans, erre dans les quartiers de Niamey où elle s’accroche à la générosité des passants, révélant une réalité silencieuse faite d’abandon, de pauvreté et de résignation.
Une existence façonnée par l’épreuve et l’abandon
Rabi Abdoulaye entame ses journées dès les premières lueurs, installée dans un coin discret de la capitale, comme ancrée dans un quotidien où chaque instant dépend du regard des autres. Sa présence raconte une histoire que peu prennent le temps d’écouter.
Privée progressivement de la vue, Rabi Abdoulaye explique que son handicap n’est pas inné, mais le résultat d’une maladie mal soignée, faute de moyens. Entre recours aux guérisseurs traditionnels et tentatives médicales interrompues, son parcours se lit comme une succession d’espoirs brisés.
Son récit bascule dans une autre douleur, celle du rejet. Elle confie avoir été abandonnée par son mari, incapable selon lui de supporter le poids de sa maladie et des dépenses qu’elle imposait.
Même au sein de sa famille, aucun refuge durable ne s’est présenté. Rabi Abdoulaye décrit un isolement progressif qui l’a poussée à quitter son environnement d’origine pour tenter une survie incertaine dans la capitale.
Ce chemin l’a conduite à faire de la mendicité non pas un choix, mais une issue imposée, une manière de continuer à exister malgré tout.
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Une survie fragile entre errance et dignité
Arrivée récemment à Niamey, Rabi Abdoulaye vit au rythme de l’errance, guidée par son petit-fils qui devient ses yeux et son soutien dans un espace urbain difficile à appréhender.
De quartier en quartier, elle cherche de quoi subsister, dépendant entièrement de la générosité des habitants. Elle évoque des nuits passées dans des abris précaires, parfois accueillie par des inconnus dans des conditions incertaines.
Sa situation reflète également une réalité sociale plus large, où la précarité frappe particulièrement les femmes âgées, isolées et sans ressources. Cette femme devient ainsi le visage d’un phénomène persistant malgré les mesures d’interdiction de la mendicité dans les espaces publics.
Derrière cette interdiction, la réalité reste tenace : pour certains, la rue demeure le seul recours face à l’absence de soutien.
À travers son parcours, Rabi Abdoulaye incarne une lutte quotidienne ou dignité et survie tentent de coexister dans un équilibre fragile.
Bibata NAON (Stagiaire)