Mali : Assimi Goïta abroge la charte des partis politiques, une nouvelle ère s’ouvre
Assimi Goïta, le président de la Transition malienne a définitivement tourné la page du multipartisme au Mali, en abrogeant la charte des partis politiques et le statut de l’opposition par décret.
Fin officielle du multipartisme sous la transition
La page est définitivement tournée dans l’histoire politique du Mali, Assimi Goïta, a franchi un cap décisif dans la restructuration politique du pays. Un décret présidentiel, lu le mardi 13 mai 2025 sur les antennes de la télévision nationale, a officiellement abrogé la charte des partis politiques ainsi que le statut de l’opposition. Une décision lourde de conséquences pour la scène politique malienne.
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Par cet acte, Assimi Goïta met fin à un système multipartite en place depuis des décennies, invoquant des raisons de stabilité et de cohésion nationale dans un contexte de transition marqué par des défis sécuritaires et institutionnels. Cette décision renforce encore l’autorité du pouvoir de transition et réduit considérablement le rôle des formations politiques traditionnelles.
Le statut de l’opposition également annulé par décret présidentiel
Le décret précise que les dispositions contenues dans la charte des partis et le statut de l’opposition sont désormais tournées. Une mesure qui, selon le président Assimi Goïta, s’inscrit dans une dynamique de refondation du Mali.
Annoncée une semaine plus tôt en Conseil des ministres, puis adoptée à une écrasante majorité par le Conseil national de Transition, cette décision, historique à plus d’un titre, vient formaliser ce que beaucoup, à Bamako comme en province, appellent déjà « la rupture du siècle ».
Cette démarche du président Assimi Goïta intervient alors que plusieurs acteurs politiques et de la société civile s’interrogent sur la suite du processus de transition. Certains y voient une consolidation du pouvoir militaire, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une tentative de redéfinir le paysage politique en profondeur.
En fermant la porte à l’ancien système, Assimi Goïta ouvre un nouveau chapitre, certes controversé, mais déterminant pour l’avenir politique du Mali.
AMINA KABO DJARMAH