Mahamat Idriss Déby Itno ramène des promesses, mais le Tchad peut-il les tenir ?
À Abu Dhabi, c’est un Tchad métamorphosé qui a été esquissé : infrastructures routières, écoles modernes, hôpitaux aux standards internationaux, investissements massifs dans l’énergie et l’agriculture. Sur le papier, la visite du chef de l’État ouvre de nouveaux horizons. Mahamat Idriss Déby Itno revient à N’Djamena avec une liasse d’engagements destinée à redynamiser une économie fragilisée et à alléger le quotidien d’une population qui vit au rythme des pénuries.
Mais derrière l’enthousiasme diplomatique, un malaise persiste. Car ces promesses restent des promesses. La stratégie adoptée par Mahamat Idriss Déby Itno rappelle celle du père : miser sur les aides et investissements étrangers pour bâtir un État qui peine à se prendre en main. Une méthode qui rassure peu, dans un pays où chaque programme ambitieux finit souvent dans les sables mouvants de la corruption et de la mauvaise gouvernance.
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Déjà, le chef de l’État a déclaré vouloir « construire un nouveau Tchad ». Mais chaque jour, des milliards disparaissent dans des circuits opaques. Comment croire en une mutation profonde lorsque les mêmes cadres, les mêmes pratiques, les mêmes détournements sapent la crédibilité du système ? Mahamat Idriss Déby Itno peut-il réellement édifier ce nouveau Tchad avec des serviteurs de l’État accusés d’être les premiers prédateurs de la République ?
Avant de courir chercher les investisseurs étrangers, une vérité s’impose : il faut commencer par assainir la maison. Le Tchad ne pourra jamais changer tant que les “voleurs de la République” conservent les clés des caisses publiques. Sans rupture avec ces anciennes pratiques, les promesses d’Abu Dhabi ne seront qu’un mirage de plus dans l’histoire politique du pays.
Et tant que Mahamat Idriss Déby Itno ne s’attaque pas frontalement à la corruption, même les engagements les plus brillants risquent de s’évaporer, comme tant d’autres avant eux.
HIGDE NDOUBA Martin