Le camarade Moumouni Zoungrana veut-il réécrire l’histoire enseignée au Burkina Faso ?
Le professeur Moumouni Zoungrana, le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, veut revoir les contenus des manuels scolaires burkinabè afin de mieux prendre en compte les réalités, les valeurs et l’histoire africaines.
Moumouni Zoungrana s’attaque aux mots de l’histoire
La réforme annoncée concerne notamment l’histoire, la géographie et l’éducation civique. Pour Moumouni Zoungrana, certains termes utilisés dans les manuels scolaires donnent une image dévalorisante de l’Afrique et méritent d’être réexaminés.
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Le ministre remet particulièrement en question l’emploi de mots comme « explorateurs » ou « conquérants » pour désigner certains Européens arrivés en Afrique durant les périodes de conquête. Il estime que le vocabulaire utilisé doit davantage refléter le contexte historique et le vécu des populations africaines.
L’objectif affiché est également de retirer les contenus qui, selon le ministre, contribuent à « infantiliser » ou à « animaliser » les Africains, tout en introduisant davantage de références aux cultures et aux valeurs du Burkina Faso.
Une réforme qui pose une question essentielle
Avec cette orientation, Moumouni Zoungrana ouvre un débat qui dépasse les seuls manuels scolaires : comment transmettre aux jeunes générations une histoire africaine racontée depuis leur propre perspective ?
L’enjeu sera toutefois de trouver un équilibre entre la valorisation de l’identité africaine et la rigueur historique. Changer certains mots peut modifier le regard porté sur un événement, mais l’enseignement doit aussi permettre aux élèves de confronter les faits, les sources et les différentes interprétations.
Un livret d’accompagnement doit être remis aux enseignants dès la prochaine rentrée, en attendant la production de nouveaux manuels.
À travers cette réforme, le Burkina Faso cherche ainsi à construire une école davantage ancrée dans ses réalités. Reste désormais à voir quels contenus seront réellement modifiés et comment cette nouvelle lecture de l’histoire sera enseignée dans les salles de classe.
AMINA KABO DJARMAH
Source/ Burkina Média