basketball : des champions à 30 millions, panier des miettes
La qualification historique des SAO U18 à la Coupe d’Afrique des Nations est une immense fierté pour le Tchad. Pourtant, la prime exceptionnelle de 30 millions de FCFA annoncée par les autorités suscite des interrogations. Si le geste est salué, son ampleur paraît insuffisante face aux sacrifices des jeunes athlètes et aux ambitions affichées pour le développement du sport national.
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Performance historique qui mérite davantage
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïr Abakar, a annoncé que le président de la République accordait une prime exceptionnelle de 30 millions de FCFA aux SAO U18 de basketball après leur brillante qualification à la Coupe d’Afrique des Nations dans leur catégorie. Une enveloppe identique a également été attribuée à la Fédération tchadienne de taekwondo, dont les représentants ont décroché deux médailles de bronze au Championnat d’Afrique.
Cette annonce, faite lors de la cérémonie d’ouverture du stade Idriss Mahamat Ouya, a été accueillie avec satisfaction. Toutefois, au regard de l’exploit accompli, nombreux sont ceux qui estiment que cette récompense reste largement en dessous des attentes.
Sport ne peut progresser sans une véritable politique d’accompagnement
Le développement du basketball et des autres disciplines ne repose pas uniquement sur des primes ponctuelles. Les jeunes talents ont besoin d’infrastructures modernes, de centres de formation, d’équipements adaptés et d’un suivi permanent.
Pour un pays qui aspire à s’imposer sur la scène africaine, les récompenses devraient aussi prendre la forme de terrains d’entraînement, de moyens de transport pour les fédérations ou encore d’un accompagnement scolaire et professionnel des athlètes. Investir dans le basketball, c’est investir dans une jeunesse capable de porter haut les couleurs nationales.
Ambition sportive à traduire dans les actes
La qualification des SAO U18 montre que le potentiel existe. Malgré des moyens limités, ces jeunes ont réussi à écrire une nouvelle page de l’histoire sportive du Tchad. Leur parcours devrait servir de déclic pour repenser le financement du basketball et des disciplines émergentes.
Une prime de 30 millions de FCFA constitue un symbole, mais elle ne reflète pas une politique sportive ambitieuse. Les grandes nations du sport bâtissent leur succès sur des investissements durables et sur une vision à long terme.
Aujourd’hui, le Tchad a l’occasion d’envoyer un message fort à sa jeunesse : les performances exceptionnelles seront récompensées à leur juste valeur. Car derrière chaque victoire en basketball, il y a des années de sacrifices, de travail et d’espoir. Et cet espoir mérite bien plus qu’une simple enveloppe financière ; il mérite une véritable stratégie nationale pour faire du basketball et du sport en général un moteur de développement et de fierté collective.
Martin HIGDE NDOUBA
