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À Toukra huit parcelles et un général : zone d’ombre du foncier

À Toukra, les conflits fonciers semblent ne jamais connaître de répit. Cette fois, un ancien combattant et plusieurs occupants accusent un général, présenté comme conseiller du Premier ministre, de vouloir s’approprier huit parcelles légalement attribuées depuis 2012. Au-delà des accusations, cette affaire remet en lumière les dérives d’une gestion foncière qui fragilise la confiance des citoyens envers les institutions.

Quand huit parcelles deviennent un symbole

Le dossier pourrait n’être qu’un litige de plus. Pourtant, à Toukra, il réveille un malaise ancien. Huit lots situés à l’îlot 21, site A, sont aujourd’hui au centre d’une confrontation opposant un ancien combattant et plusieurs plaignants à un homme présenté comme général et conseiller du Premier ministre.

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Les plaignants affirment que ces terrains leur ont été régulièrement attribués en 2012 par les autorités compétentes. À l’appui de leurs déclarations, ils disent détenir des décisions d’attribution, des plans cadastraux et d’autres documents administratifs attestant de leurs droits. Ils soutiennent également que les concessions érigées sur ces parcelles sont aujourd’hui menacées.

Selon leurs dénonciations, l’intéressé chercherait à récupérer ces terrains avec l’appui présumé d’un ancien directeur général de l’urbanisme. Ces accusations n’ont, à ce stade, pas été établies par une décision de justice et les personnes mises en cause n’ont pas publiquement réagi.

Toukra, épicentre d’une insécurité foncière persistante

Ce nouvel épisode rappelle que Toukra est devenu, au fil des années, l’un des principaux foyers des conflits fonciers de N’Djamena. Derrière chaque parcelle contestée se cachent souvent des années de procédures, des investissements importants et parfois le patrimoine de toute une famille.

L’accumulation de dossiers similaires nourrit un sentiment d’impuissance chez de nombreux habitants. Pour beaucoup, la possession d’un acte administratif ne constitue plus une garantie suffisante lorsque des intérêts concurrents émergent. Cette insécurité juridique affaiblit la confiance envers les services chargés de la gestion du domaine foncier.

Urgence d’une réponse des autorités

Au-delà des responsabilités qui devront être déterminées par les juridictions compétentes, cette affaire pose une question essentielle : comment protéger efficacement les droits des citoyens lorsque des documents administratifs sont contestés plusieurs années après leur délivrance ?

La modernisation du cadastre, la numérisation des archives foncières et le renforcement des mécanismes de contrôle apparaissent comme des pistes régulièrement évoquées pour réduire les risques de doubles attributions et de contestations.

À Toukra, cette affaire dépasse désormais le simple cadre d’un différend entre particuliers. Elle constitue un test pour les institutions appelées à garantir l’impartialité de la justice, la transparence de l’administration et l’égalité de tous devant la loi.

En attendant une clarification des autorités compétentes, les plaignants disent maintenir leur confiance dans les voies légales pour faire valoir leurs droits. Car à Toukra, chaque nouveau conflit foncier rappelle qu’au-delà des parcelles, c’est la crédibilité même de l’État de droit qui se joue.

Martin HIGDE NDOUBA

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