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Infrastructures sabotées : N’Djamena paie le prix de l’incivisme

À quelques semaines de la saison des pluies, la station de pompage de Lamadji, infrastructure stratégique pour la lutte contre les inondations à N’Djamena, a été victime d’un acte de sabotage inquiétant. En dénonçant publiquement ce vol de câbles électriques, le ministre Mahamat Assileck Halata met en lumière un problème plus profond : la fragilité de la protection des biens publics dans la capitale tchadienne.

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Infrastructure vitale fragilisée

À N’Djamena, chaque saison des pluies réveille les mêmes angoisses : routes impraticables, habitations englouties par les eaux et milliers de familles déplacées. C’est justement pour réduire ces risques que plusieurs infrastructures de drainage et de pompage ont été mises en place ces dernières années avec l’appui de partenaires techniques et financiers.

Mais la visite du ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, à la station de pompage de Lamadji, a mis en lumière une réalité inquiétante. Sur ce site stratégique destiné à protéger une partie de N’Djamena contre les inondations, plus de 13 mètres de câbles électriques ont été sectionnés puis volés.

Le préjudice est estimé à près de 11 millions de FCFA. Au-delà de la perte financière, c’est surtout le retard potentiel dans la mise en service de l’installation qui suscite des inquiétudes à N’Djamena, alors que les premières pluies sont attendues dans les prochaines semaines.

Prix de l’incivisme et de l’impunité

Pour le ministre, il ne s’agit pas d’un simple acte de vandalisme. En parlant d’un « sabotage contre la population », Mahamat Assileck Halata pointe indirectement un problème plus large : la difficulté de protéger les infrastructures publiques dans un contexte marqué par l’incivisme et l’impunité.

À N’Djamena, les actes de vol sur les équipements publics se multiplient depuis plusieurs années. Câbles électriques, panneaux solaires, installations métalliques ou matériels de chantier deviennent régulièrement la cible de réseaux organisés. Pourtant, peu d’affaires débouchent sur des sanctions visibles.

Cette situation interroge la capacité des autorités à sécuriser des ouvrages pourtant essentiels au fonctionnement de la ville. Car lorsqu’une station de pompage est paralysée, ce ne sont pas seulement des machines qui cessent de fonctionner : ce sont des quartiers entiers de N’Djamena qui se retrouvent exposés aux catastrophes.

Responsabilité collective face au risque

L’affaire de Lamadji intervient à un moment sensible pour N’Djamena. Ces dernières années, les inondations ont provoqué d’importants dégâts matériels et accentué la précarité dans plusieurs arrondissements de la capitale.

Face à cette menace, le gouvernement tchadien a multiplié les projets d’assainissement avec l’appui de partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale. Mais ces investissements risquent de perdre leur efficacité sans une véritable politique de protection des infrastructures.

Le ministre a appelé au renforcement de la surveillance du site et à une mobilisation collective. Un appel qui dépasse le seul cas de Lamadji. À N’Djamena, préserver les équipements publics devient désormais un enjeu de sécurité urbaine autant qu’un défi citoyen.

Car la capitale ne manque pas seulement d’infrastructures modernes ; elle manque aussi d’un mécanisme efficace pour défendre ce qui a déjà été construit.

Martin HIGDE NDOUBA

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