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Tchad : liberté de la presse à l’épreuve des faits 

À l’occasion de la 25e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai 2026, la situation des médias au Tchad relance le débat sur la réalité de la liberté dans l’exercice du journalisme.

Liberté affirmée, mais contestée

Chaque année, la Journée mondiale de la liberté de la presse offre l’opportunité de célébrer les avancées démocratiques et de rappeler l’importance d’une presse indépendante. Au Tchad, pourtant, cette célébration soulève une question essentielle : de quelle liberté parle-t-on réellement ?

Certes, les textes garantissent la liberté d’expression et reconnaissent le rôle des médias dans la société. Mais sur le terrain, les journalistes évoluent dans un climat où la liberté reste fragile, parfois même menacée. Entre pressions institutionnelles, convocations répétées et risques judiciaires, l’exercice du métier se heurte à des obstacles qui limitent l’indépendance des professionnels de l’information.

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Des journalistes sous pression

Les exemples récents illustrent cette réalité préoccupante. Zara Tchari, directrice de publication du journal Tribune Échos, a été convoquée par le CHU La Renaissance pour « diffamation et appel au soulèvement », après avoir dénoncé l’indisponibilité des ambulances. Un cas qui montre combien la liberté de traiter des sujets d’intérêt public peut être remise en cause.

Dans la même dynamique, Moussa Guedmbaye, du journal Nouvelles.td, a été visé par le commissariat du CSP 16 à la suite de révélations sur des pratiques assimilées à des « arnaques » impliquant certains agents. Là encore, la liberté d’informer semble se heurter à des résistances.

Bienvenue Ngana, directeur de publication de Tchad Alyom, n’a pas échappé à cette pression. Convoqué pour « diffamation et menaces » après un article sur des pratiques internes au sein du MPS, il illustre les tensions entre pouvoir et presse. À ces cas s’ajoute celui de Hassan Moussa Ali, dont la situation reste floue, renforçant le climat d’inquiétude.

Ces situations posent une interrogation profonde : peut-on parler de liberté lorsque les journalistes sont régulièrement convoqués pour leur travail ? La liberté de la presse ne se limite pas à son inscription dans les lois. Elle se mesure aussi à la capacité des journalistes à enquêter, publier et critiquer sans crainte de représailles.

Le classement 2026 de Reporters sans frontières (RSF) en est une illustration. Le Tchad occupe la 93e place sur 180 pays, avec un score de 53,90 sur 100, se situant dans la catégorie « situation problématique ». Un positionnement qui reflète les limites persistantes de la liberté dans le paysage médiatique national.

Quelle liberté pour demain ?

Face à ce constat, la célébration du 3 mai prend un ton particulier. Elle n’est plus seulement festive, mais devient un moment de réflexion critique. Car défendre la liberté de la presse, c’est garantir un pilier essentiel de toute démocratie.

Au Tchad, l’enjeu dépasse les journalistes : il concerne l’ensemble des citoyens. Sans une véritable liberté d’informer, c’est le droit du public à être informé qui est compromis. Alors, au-delà des discours officiels, une question demeure : quelle place réelle accorde-t-on à la liberté dans la société tchadienne ?

Martin HIGDE NDOUBA

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