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Tchad : d’où proviennent les armes saisies ?

La cérémonie de présentation des armes saisies est devenue un rendez-vous presque routinier. Les autorités alignent fusils d’assaut et munitions devant les caméras, comme pour prouver que l’État tient la situation en main. Mais à force de répétition, l’exercice perd de sa portée. Car pendant que l’on expose ce qui a été confisqué, la circulation des armes, elle, ne semble jamais tarir.

Le silence coupable des origines

Au Tchad, l’essentiel n’est pas ce qui est saisi, mais ce qui continue de passer entre les mailles du filet. D’où viennent ces armes de guerre ? Par quels circuits entrent-elles ? Tant que ces questions restent sans réponse claire, les cérémonies ressemblent davantage à des opérations de communication qu’à une véritable stratégie de sécurité.

Frontières ouvertes, responsabilités fermées

Il serait trop facile de tout expliquer par l’instabilité régionale. Certes, les conflits voisins alimentent les trafics. Mais au Tchad, la persistance du phénomène suggère aussi des complicités, des négligences ou une gestion défaillante des stocks officiels. Une vérité dérangeante que peu osent affronter publiquement.

Quand l’arme devient ordinaire

Voir des armes de guerre entre les mains de civils n’est plus une exception. Cette banalisation est l’un des symptômes les plus graves de la crise sécuritaire au Tchad. Elle nourrit le banditisme, affaiblit l’autorité de l’État et installe une peur diffuse dans la société, où chacun se demande qui sera le prochain à appuyer sur la gâchette.

L’heure des comptes

Il ne suffit plus d’exhiber des armes saisies. Le Tchad doit engager un véritable travail de vérité : identifier les filières, contrôler rigoureusement les arsenaux et sanctionner les responsables, quels qu’ils soient. Sans cette rupture, les mêmes scènes se répétaient, encore et encore.

À force d’éviter la question de fond, le Tchad risque de transformer un problème sécuritaire en crise de confiance durable. Or un État fort n’est pas celui qui montre des armes confisquées, mais celui qui empêche qu’elles circulent.

Martin HIGDE NDOUBA

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