N’Djamena : le combat silencieux des femmes face à la cherté de la vie
Dans la capitale tchadienne, la crise du pouvoir d’achat a profondément redessiné les rôles sociaux. À Ndjamena, les femmes sont aujourd’hui en première ligne d’une économie domestique fragilisée, contraintes de sortir du cadre traditionnel pour assurer la survie de leurs familles. Elles ne se contentent plus de la cuisine.
Longtemps cantonnées à l’étiquette de « profession ménagère », elles sont désormais visibles partout. À Ndjamena, les trottoirs, les marchés et les abords des grands axes sont devenus leurs espaces de travail. Petits commerces, restauration de rue, vente de condiments ou de friperie : chaque activité, aussi modeste soit-elle, devient une réponse à la cherté de la vie.
Ndjamena: des débrouillardes sous pression
Cette mutation sociale n’est pas le fruit d’un militantisme féministe assumé, mais d’une nécessité économique. À Ndjamena, la hausse des loyers, les frais de scolarité et les dépenses de santé ont rendu insuffisant le seul revenu masculin. Dans de nombreux foyers, l’entourage pousse désormais les femmes à « se débrouiller » et à contribuer financièrement.
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Dès l’aube, elles prennent la route. À Ndjamena, certaines parcourent plusieurs kilomètres pour s’approvisionner, négocier, vendre, puis recommencer le lendemain. Leur quotidien est fait de fatigue, d’ingéniosité et d’une résilience silencieuse qui soutient toute une ville.
Ce nouveau visage féminin de l’économie urbaine s’impose comme une réalité durable. À N’djamena, on parle de moins en moins de femmes ménagères et de plus en plus de femmes débrouillardes, piliers discrets mais essentiels de la survie des ménages.
Derrière cette agitation urbaine et les chiffres de l’inflation, se cache une vérité sociale forte. À Ndjamena, ce sont les femmes qui portent, jour après jour, le fardeau de la vie quotidienne, transformant la contrainte en combat et la débrouille en mode de survie.
Martin HIGDE NDOUBA