Tchad/ONASER: “Un verre de trop peut coûter la vie”
À chaque fin d’année, le même scénario se répète au Tchad : routes surchargées, fêtes arrosées, sirènes d’ambulance et familles endeuillées. Cette fatalité n’en est pourtant pas une. En relançant une campagne nationale contre l’alcool au volant, l’ONASER remet sur la table une vérité que beaucoup refusent d’affronter : au Tchad, l’insécurité routière tue plus par irresponsabilité que par accident.
Du 19 au 31 décembre, sous le slogan « Alcool au volant », l’État appelle à la prudence. Mais au-delà des affiches et des discours, la question demeure : pourquoi faut-il chaque année rappeler l’évidence ? Si l’Office National de la Sécurité Routière (ONASER) intensifie la sensibilisation, c’est bien parce que les comportements ne changent pas, malgré le nombre croissant de victimes.
Réduire de moitié les accidents liés à l’alcool
L’ambition affichée par les autorités est claire. Selon Dihoulnet Laurent, représentant de la ministre des Transports, l’objectif est de réduire de 50 % les accidents dus à l’alcool et aux stupéfiants. Les conducteurs de mototaxis et de transports urbains sont particulièrement ciblés, leurs comportements à risque étant régulièrement pointés du doigt. Dans cette stratégie, l’ONASER mise sur la prévention autant que sur la responsabilisation des usagers.
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Les mototaxis surchargés, les transports urbains conduits à vive allure, l’absence de contrôle rigoureux et la faiblesse des sanctions forment un cocktail aussi mortel que l’alcool lui-même. Les autorités locales, à l’image de la maire du 6ᵉ arrondissement de N’Djaména, rappellent que ces drames frappent une jeunesse déjà fragilisée par le chômage et la précarité. Chaque mort sur la route est une perte sèche pour le pays, un frein brutal au développement. L’ONASER ne peut donc pas agir seul.
Cette campagne pose une question dérangeante : combien de morts faudra-t-il encore pour que la sobriété au volant devienne une norme sociale ? En période de fête comme le reste de l’année, la sécurité routière n’est ni un slogan ni une option. C’est un choix de société. Et tant que ce choix ne sera pas assumé collectivement, l’ONASER continuera de rappeler, année après année, qu’un verre de trop peut coûter la vie.
Martin HIGDE NDOUBA
