Le marché Mbatemta paie le prix de l’abandon
Le 23 novembre dernier, un pan entier du marché Mbatemta est parti en fumée, offrant à N’Djamena une nouvelle scène de chaos que les habitants connaissent trop bien. Peu avant 10 heures, un incendie dont l’origine reste encore indéterminée a avalé en quelques minutes des dizaines d’étals et de boutiques. Les commerçants n’ont pu que regarder leurs marchandises se transformer en cendres, incapables de contenir la progression fulgurante des flammes.
Les dégâts sont lourds, les pertes économiques immenses. En attendant des chiffres officiels, une certitude s’impose : pour les victimes du marché Mbatemta, les réponses viendront encore sous forme de commissions, d’enquêtes et de déclarations publiques, sans garantie de solutions durables. La capitale, elle, s’habitue dangereusement à ces incendies récurrents qui frappent ses marchés une fatalité devenue presque routinière.
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Car derrière le drame de Mbatemta, c’est toute la fragilité structurelle des marchés de N’Djamena qui ressurgit. Dans un pays où l’urbanisation suit rarement les normes et où les infrastructures publiques accusent des décennies de retard, les espaces marchands demeurent des zones hautement inflammables : constructions anarchiques, installations électriques précaires, absence de voies d’accès pour les secours, et surtout une présence insuffisante des sapeurs-pompiers. Comme si, au XXIᵉ siècle, la gestion des marchés se contentait encore de pratiques d’un autre âge.
Le marché Mbatemta devient ainsi le symbole d’un échec collectif : celui d’une capitale incapable de protéger ses poumons économiques et ses milliers de petits acteurs. Une question demeure, lancinante : combien d’incendies faudra-t-il encore pour que les autorités transforment ces espaces essentiels en lieux sûrs, modernes, et réellement encadrés ?
HIGDE NDOUBA Martin