Tchad-RCA : le retour des réfugiés centrafricains enclenché
Après deux jours de concertation à N’Djaména, le Tchad, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont arrêté les modalités du rapatriement volontaire des ressortissants centrafricains installés au Tchad. Une avancée diplomatique qui ouvre désormais le chantier, plus délicat, de la mise en œuvre.
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Le retour au pays des réfugiés centrafricains accueillis au Tchad prend progressivement forme. Réunis les 3 et 4 novembre 2026 au ministère tchadien des Affaires étrangères, les représentants du Tchad, de la République centrafricaine (RCA) et du HCR ont finalisé les principales dispositions encadrant leur rapatriement volontaire. À l’issue des discussions, un communiqué final a été adopté, fixant les engagements des trois parties et les étapes pratiques du processus.
Des engagements désormais formalisés
Présidente de la commission tripartite, la ministre tchadienne de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, a présidé la clôture des travaux, le mercredi 4 novembre. Les échanges ont notamment permis de valider plusieurs documents de référence, dont le règlement intérieur, les modalités du rapatriement volontaire, le communiqué final et le chronogramme d’exécution.
Pour le représentant du HCR au Tchad, Dossou Patrice Ahouansou, ces instruments constituent une étape déterminante. Ils doivent permettre de passer des intentions politiques à une action concertée entre les trois partenaires.
Mais derrière les signatures et les engagements diplomatiques, une exigence demeure : garantir que chaque réfugié puisse rentrer librement, sans contrainte et dans des conditions respectueuses de ses droits. Le responsable du HCR a rappelé que le caractère volontaire du retour repose avant tout sur une décision libre et éclairée.
La sécurité et la dignité comme lignes rouges
Le rapatriement ne saurait être réduit à une simple opération de transport. Pour le HCR, les personnes concernées doivent disposer d’informations fiables sur leurs localités d’origine, notamment sur les conditions de sécurité et les perspectives de réinstallation.
« Notre responsabilité commune est de veiller à ce que chaque réfugié dispose d’informations fiables sur sa zone de retour, qu’il puisse décider sans pression », a insisté Dossou Patrice Ahouansou.
Le représentant onusien a également mis en garde contre une approche limitée à l’organisation logistique des départs. L’accompagnement doit se poursuivre avant, pendant et après le retour. Autrement dit, rentrer ne suffit pas : encore faut-il pouvoir reconstruire sa vie dans son pays d’origine.
Cette préoccupation rejoint les attentes des réfugiés, pour lesquels la sécurité, l’accès aux services essentiels et les perspectives de réinsertion constituent des conditions fondamentales d’un retour durable.
Bangui affiche le retour comme une priorité nationale
Du côté centrafricain, la ministre de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, Lina Josiane Bémaka-Soui, coprésidente de la commission, a salué l’aboutissement des négociations. Elle a présenté les conclusions comme le résultat d’un long travail préparatoire et d’une volonté politique partagée.
Sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, a-t-elle indiqué, le retour des ressortissants centrafricains constitue une priorité nationale. Une déclaration qui traduit l’ambition de Bangui de favoriser le retour de ses compatriotes dispersés dans les pays voisins.
Le plus difficile commence maintenant
Pour Zara Mahamat Issa, la validation des modalités pratiques représente une avancée importante dans la coopération entre les trois parties. Mais la ministre tchadienne a surtout insisté sur le risque de voir les engagements rester au stade des déclarations.
La signature du communiqué final, a-t-elle rappelé, ne constitue pas une finalité, mais le point de départ d’une nouvelle phase : celle de l’application effective des décisions.
Les structures compétentes sont ainsi appelées à maintenir une coordination permanente, à partager régulièrement les informations et à anticiper les difficultés susceptibles de ralentir les opérations.
Le cadre du retour est désormais posé. Reste à savoir à quel rythme et dans quelles conditions les réfugiés pourront effectivement regagner la Centrafrique. Car la réussite de cette opération ne se mesurera pas au nombre de documents signés, mais à la capacité des trois partenaires à garantir un retour libre, sûr et digne.
Martin HIGDE NDOUBA


